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Alfred Anchetain

Origine de l'auteur : La France

 Nombre de livres disponibles publiés sur Edition999 : 7

Je suis arrivé à la retraite. J’ai publié un certain nombre d’ouvrages sérieux chez des éditeurs classiques, et j’ai voulu changer. Je me suis lancé la rédaction de nouvelles érotiques. Je les ai fait lire à mon entourage. Silence total ! J’étais désespéré, car je m’étais beaucoup amusé à les écrire. Je les ai alors confiés à Jean-Michel pour les Éditions 999. Or, les trois premiers textes ont atteint au total (chacun pour une année), les 25.000 téléchargements. Ils gardent les premières places.
Pour moi, l’érotisme est une manière d’échapper à la déprime du Covid-19 et à la grande passivité qu’on voit partout. Je suis ravi que les lecteurs m’aient suivi.
Mes deux recueils de nouvelles érotiques (« Enlève le haut… » et « Je suis nue… ») sont parfois hard, proches de la pornographie. Dans les textes suivants, j’ai approfondi les personnages, sur le plan psychologique. Avec « L’eunuque et le vizir », j’ai imaginé les réactions des femmes à une situation cocasse : un eunuque qui doit les « chauffer ». Je l’ai fait sur le mode des « Mille et une nuits ». Dans « Ma rencontre avec Claire », le héros a une relation téléphonique avec une femme entreprenante, quand il a sous les yeux une jolie fille qui veut mettre la main sur lui ! Enfin dans les 4 tomes de « Belle de jour », je me suis appuyé sur une marque très connue de lingerie féminine. J’ai décrit l’excitation des hommes d’une superbe fille qui « la vaut bien » et son lent effeuillage. Publicité gratuite, bien évidemment.


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 Edition999 rencontre Alfred Anchetain

Edition999 : Vous êtes un auteur relativement nouveau pour les Éditions 999, puisque votre premier titre, un recueil de nouvelles érotiques, « Enlève le haut ; pour le bas, j’arrive », a été mis en ligne en février 2020, soit il y a un an et demi. Depuis, vous êtes assez productif, puisque vous avez aligné un autre recueil de nouvelles, « Je suis nue, attache-moi », puis deux textes complets, « L’eunuque et le vizir » et « Ma rencontre avec Claire. » Enfin, vous avez publié un duo avec Michel Canal « Écrire un livre érotique ». Maintenant vous nous confiez un texte en quatre épisodes, « Belle de jour », inspiré du film de Buñuel. C’est beaucoup.
Alfred Anchetain : C’est effectivement un travail quotidien, même si je ne fais pas que ça. Mais il est extrêmement amusant. Il me permet de lutter contre la déprime ambiante, avec l’affaire du Covid-19 qui, pour moi médecin, est un véritable scandale, depuis les origines..
Edition999 : Vous permettez à vos lecteurs de lutter avec vous..
Alfred Anchetain : Oui, d’autant que je me mets dans la peau des personnages et je dis les choses comme je les vis. Par exemple, la nouvelle, dans le premier recueil, qui a le titre « Sexe et soumission », est directement inspiré du confinement que je vivais alors. Ailleurs, c’est moins direct. Mais certains textes ou passages m’émeuvent beaucoup, car c’est mon histoire, transposée, bien évidemment. Je n’ai plus tout à fait 25 ans et je n’ai jamais été une fille superbe, comme Belle de jour. Mais de me mettre dans sa peau est jouissif. .
Edition999 : Vous dites tout dans le détail..
Alfred Anchetain : Mon rêve, quand j’étais petit, est d’être réalisateur de cinéma. Mais les circonstances en ont décidé autrement. J’ai néanmoins gardé ce goût pour l’image (et le son) et la « dramaturgie » du récit. J’écris presque un scénario pour un film. Plusieurs de mes nouvelles sont d’ailleurs mentionnées comme telles. Je fais en sorte que le lecteur voit tout de la situation, pas seulement par le trou de la serrure. Comme s’il était un des protagonistes de l’histoire. Je dis, par exemple, le grain de beauté qu’a Béryl/Agathe sur le sein. Je m’amuse des détails, l’allure du sexe de certaines femmes, épilé ou non, blond ou brun, ou de certains hommes, petit ou parfois énorme, comme dans « Drac’ aux petites dents », qui raconte la sexualité des vampires….
Edition999 : Votre action, surtout dans vos textes complets, est un peu lente..
Alfred Anchetain : Je ne suis pas le plus lent de vos auteurs, mais pas le plus rapide non plus. Je ne veux pas de ces textes où les femmes vous sautent dessus avant que vous ayez dit le premier mot, ou qui parlent comme des prostituées..
Edition999 : Vos textes sont très pudiques….
Alfred Anchetain : J’y joue. Dans « L’eunuque et le vizir », je ne nomme aucun organe sexuel (sauf les seins), même pas les fesses, qui sont « le bas du dos ». Je ne parle pas non plus des fonctions sexuelles. Le mot « éjaculer » n’apparaît pas dans mes textes, ni rien de similaire. Cela n’ajoute rien. J’utilise des périphrases romantiques, que je trouve beaucoup plus drôles. Mes héroïnes fantasment beaucoup. Elles sont dans le désert, au paradis avec les anges, elles découvrent la campagne… .
Edition999 : Oui, chez vous, l’amour est un grand voyage. .
Alfred Anchetain : Dans tous les sens du terme. Je commence (souvent) par le début de la rencontre, quand les protagonistes ne se connaissent pas, ou peu. C’est le plus amusant, la timidité ou l’empressement, de l’un ou de l’autre, la retenue ou la duplicité….
Edition999 : Vous faites beaucoup de psychologie, et de médecine. Vous traitez des préservatifs, omniprésents….
Alfred Anchetain : Ce sont, pour moi, des éléments qui contribuent à l’échange. Dans « Belle de jour », vous assistez à un traitement « Master et Johnson » comme si vous y étiez. Le préservatif n’est pas, dans mes histoires, une contrainte, mais un symbole fort, parce qu’il sépare radicalement l’homme et la femme. Elle ne recueille plus le sperme de l’homme, il se le garde !.
Edition999 : C’est important pour vous ?.
Alfred Anchetain : Oui, car la femme alors ne craint plus (la grossesse, les maladies), dans le principe tout au moins. Elle devient l’égale de l’homme..
Edition999 : Rien que ça ?.
Alfred Anchetain : Je simplifie, certes, mais c’est le sens profond. Toutes mes héroïnes, même les plus faibles, sont, en fin de compte, des fortes femmes. Mes héros ont beaucoup de mal avec elles. Ils doivent se défendre, et n’ont pas toujours le dessus. .
Edition999 : Vous flattez votre lectorat féminin..
Alfred Anchetain : J’ai toujours vécu avec de fortes femmes – dans un respect mutuel – mais il a fallu que je montre les dents, ou les poings – sans mordre ni frapper, bien évidemment. C’est de l’expérience vécue..
Edition999 : Vos héroïnes pratiquent les arts martiaux….
Alfred Anchetain : Quand j’exerçais la médecine, je le conseillais souvent. Une femme ne peut battre un homme, mais elle peut lui faire suffisamment mal pour qu’il s’en aille. Une femme qui a peur… est très excitante pour un homme. Une de mes patients, un jour dans le RER, a vu un groupe d’hommes ennuyer une femme. Elle leur a dit : « Laissez-la, ou je vous tue. » Je lui ai demandé : « Vous l’auriez fait ? ». « Oui » m’a-t-elle répondu. .
Edition999 : Une femme qui se défend a une valeur érotique ?.
Alfred Anchetain : Bien évidemment, et j’en jouis. Je mets en scène des héros et héroïnes qui se battent nus, leurs peaux (humides) glissant l’une sur l’autre… Dans les films pornos, c’est la seule chose que je regarde : deux femmes qui se battent (correctement, sans s’arracher les yeux !)..
Edition999 : Vous êtes un voyeur..
Alfred Anchetain : Oui, j’insiste beaucoup sur la forme des seins et des fesses féminines. Dieu a fait un bon travail, ce jour-là. Il a été vraiment inspiré !.
Edition999 : On sent chez vous la valeur de la religion, de la morale, de la bonne conduite, des usages et des lois..
Alfred Anchetain : La transgression est certainement le moment le plus excitant. Je montre souvent des personnages dans un rôle ou une attitude limite, ou contraire à ce qu’on croirait d’eux. .
Edition999 : Le mensonge, chez vous, a une grande place. La vérité aussi..
Alfred Anchetain : Je suis comme ça. On ne peut être un grand menteur que si on a une idée très précise de la vérité. Sinon, c’est du n’importe quoi. Regardez le Covid. Plus personne ne sait où il en est. Ceci n’a rien de joyeux. Un vrai gros menteur, dans une histoire, c’est un régal. Voyez les James Bond..
Edition999 : Justement, chez vous, il n’y a pas de vrais méchants, ni de vrais dangers..
Alfred Anchetain : L’érotisme se veut gai. Mais, avec le bondage, le fait d’être attaché par quelqu’un qu’on ne connaît pas bien, peut être angoissant. Dans « Ma rencontre… » Claire meurt (ou disparaît sans laisser de trace). Dans « Belle de jour », le dernier épisode est tragique, même si Béryl s’en sort bien, comme le veut ce genre romanesque..
Edition999 : Parlons enfin de votre rang parmi nos auteurs. Vous êtes souvent premier, par un titre ou un autre..
Alfred Anchetain : J’ai une démarche inverse des auteurs qui publient sur le Web. Je suis venu de l’édition papier, pour aller vers la diffusion gratuite de mes textes, via votre site et un autre. Ma grande jouissance, la vraie, la mienne, c’est de « relever mes compteurs », et de voir combien mes « filles » ont « fait » dans la journée. Ça, l’édition papier ne le dit pas. Il faut attendre un an, voire 18 mois. C’est vraiment lassant. Ici, je suis mac’ tous les jours. Comme à Pigalle ! .
Edition999 : Vous avez donc l’habitude d’écrire, de beaucoup écrire. D’où votre production….

 Bibliographie de Alfred Anchetain