Nu.e, si je veux
De hauts bouquets de ronces protègent le naturisme normand. D’amples femmes attendent, sous un doux soleil, les experts avides d’émotions.
Belle de jour. Roman érotique en 7 épisodes
J’ai repris le thème de « Belle de Jour » du film de Buñuel tiré d’un roman de Kessel : une bourgeoise, épouse d’un chirurgien, s’épanouit dans la prostitution ; le mari, accidenté, devient infirme. J’ai gardé quatre personnages : l’héroïne, Béryl, le mari, Mickael, la tenancière du b…, Agathe, et l’ami qui lui a fait connaître, Henri Husson. L’héroïne, très belle, très intelligente, très jeune (25 ans), est ambitieuse et plus sexy que Catherine Deneuve. J’ai ajouté ses personnages : outre des clients du b…, parfois rudes, un médecin puissant, riche et pervers, un supérieur hiérarchique jaloux et soumis, le repreneur des parts de la clinique, celui du Labo où elle travaille, ainsi que deux copines. Ils sont tous très beaux et se partagent le lit de Béryl, qui craint d’y être seule.
Lit y es-tu ? (sixième épisode)
L’espoir de sauver Mickael diminue, mais Béryl poursuit sa vie trépidante. Elle met à profit ses riches compétences. Va-t-elle faire céder Albert, pour qu’il abandonne la direction du groupe de cliniques ? Le beau Xavier, celui qui achète les parts de Mickael, est-il vraiment rebelle aux femmes ? Benoit la met en garde contre leur Boss pervers, Béryl teste sa sincérité durant la pause. Madeleine applique, sur elle, des méthodes attachantes pour fidéliser son nouveau copain. De nuit comme de jour, couchée ou debout, Béryl n’a pas le temps de pleurer.
Sept heures et demi, le réveil me fais sursauter. Je suis à demie couchée sur Benoit. Il a une main dans mes cheveux, l’autre sur mes fesses. Je lui demande :
– Tu me lâches, mon amour. Je voudrais me lever.
– Je viens juste de m’endormir.
– Tu ronflais.
– J’étais avec vingt filles superbes. J’ai dû les subir, toutes, l’une après l’autre. J’ai réussi, mais je suis épuisé.
– Va te doucher, ça ira mieux.
Je ne l’ai jamais vu aussi raide. Ça doit lui faire mal. Il part dans la salle de bains. Je le vois entrer dans la baignoire, ouvrir l’eau. Je dis :
– N’attends pas qu’elle devienne chaude, le froid va te soulager.
– Tu ne peux pas me laisser tranquille une seconde ?
J’entends des petits cris, des soupirs. Il devrait aller mieux. J’enfile mon chemiser, prends une culotte à la main et pars dans la cuisine, j’allume la machine et nous fais deux cafés. Il arrive, en peignoir, alors que je coupe du pain pour le faire griller :
– Béryl, je voulais te parler, tu m’en as empêché. Tu ramènes tout au lit. Tu profites de mes faiblesses. Un jour, je me fâcherai.
– Viens m’embrasser. Tu es vraiment trop triste. Je vais pleurer.
– Ça suffit ! Je vais rompre avec toi. Même si cela ne me plaît pas.
– Viens déjeuner. J’ai tout préparé. Habille-toi, sinon je te saute dessus.
Il s’approche de la table et s’assied. Je lui passe son café et, prenant le mien, je me mets en face de lui :
– Tu voulais me dire quoi d’autre ?
– Il faut que tu te calmes. On te cède tout, tu nous utilises. Tu vas finir par avoir des ennuis.
– Au Labo, vous dormez ! À respecter les convenances, vous êtes bons pour le cimetière.
– Si tu ne regardes pas où tu marches, tu vas te casser la figure.
Il boit son café, en me fixant au-dessus de la tasse. Ses yeux me disent… qu’il m’aime. Je dis :
– Ne me regarde pas comme ça. On va arriver en retard.
– Je n’ai pas du tout envie de coucher !
– Chiche !
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