Oie pas vraiment blanche
Béryl est mariée mais s’ennuie au lit. Elle se trouve un boulot, loin, pour se libérer. D’abord avec une femme, puis deux hommes. Un beau et doux, un plus vieux mais riche.
L’héroïne de « Belle de Jour », Madame Serizy, psychologue experte en effeuillages savants, interroge le bon Docteur Alfred Anchetain sur son expérience du nudisme. Il se confie, un peu trop sans doute. Un médecin, les gens nus, il a l’habitude. Ça ne devrait pas lui poser de problèmes. En fait, si. La recherche médicale n’est pas facile. Tout le monde le sait.
Béryl Serizy : Vous m’avez dit que vous aviez découvert le nudisme, et plus exactement le naturisme cette année. J’aimerais que nous en parlions. C’est un peu bizarre, à votre âge de Papi ! Était-ce vraiment érotique ?
Alfred Anchetain : Vous pourriez largement être ma fille, mais je suis resté jeune d’esprit… Si jeune que peu de mes proches et de mes collègues comprennent ma démarche. Ma femme m’a fait le reproche : « On ne commence pas à ton âge ! »
Béryl Serizy : Vous ne commencez pas…
Alfred Anchetain : Pas vraiment. J’ai toujours aimé être nu, dès qu’il faisait suffisamment chaud, chez moi, quand je suis tout seul, ou dehors, en montagne, sur une plage ou même en forêt, quand je suis dans un lieu désert, où je sais que personne ne me verra.
Béryl Serizy : Vous êtes un grand timide.
Alfred Anchetain : Pas trop, mais je n’aime pas les ennuis. Cela doit rester un pur plaisir. Sauf que, mon problème est que… sitôt nu, j’angoisse : « Si on me voyait ? Si quelqu’un arrivait ? » Cette année, en un lieu que je connais bien, au cours d’une promenade escarpée, près du sommet, je prenais un bain de soleil tranquille. Il n’y avait personne à monter derrière moi et, devant, je ne voyais personne non plus. Au bout de cinq minutes, je me suis rhabillé. J’avais à peine repris ma montée que… un coureur se pointe, descendant le chemin à toute allure ! Un vrai pro ! Je n’avais pas examiné cette possibilité, réduisant singulièrement le « temps d’approche », mesure de ma sécurité.
Béryl Serizy : Qu’aurait-il dit ?
Alfred Anchetain : Rien sans doute, d’autant qu’il ne se serait pas arrêté (vu la pente). Mais je crains le qu’en-dira-t’on.
Béryl Serizy : Si vous êtes angoissé, pourquoi le faites-vous ?
Edition999 : Docteur, nous sommes un peu déconcertés par le texte que vient de nous soumettre votre héroïne, Béryl Serizy. Il semblerait qu’elle ait outrepassé ses droits et la convenance.
Alfred Anchetain : Je suis un peu furieux, oui. Elle m’a enregistré avec son smartphone, elle a tout tapé, même ce qui devait rester entre nous.
Edition999 : Est-ce que nous publions ?
Alfred Anchetainn : Je crois que vous avez une règle, vous filtrez sur la qualité du contenu. Pour le reste, l’auteur est libre. Tant qu’il n’y a pas diffamation.
Edition999 : Cela n’est pas terriblement méchant. En plus, vous dites des choses intéressantes. On publie ?
Alfred Anchetain : C’est un peu limite. Je ne voudrais pas me fâcher avec elle.
Edition999 : Docteur, Madame Béryl Serizy nous a communiqué un nouvel entretien sur votre recherche à propos du nudisme. Il nous convient mieux.
Alfred Anchetain : Nous avons beaucoup discuté. Béryl est comme ça. Tellement habituée à ce qu’on lui obéisse. Elle voulait m’accompagner à Paris, au Musée Maillol, pour la visite nue avec la presse, lors de l’exposition sur l’hyperréalisme. J’ai dit non. Je voyais le drame, le scandale ! Nous n’aurons rien pour cacher notre problème, sauf les mains. L’organisateur de la visite a été clair : un comportement déviant, c’est exclusion. Après Béryl, il serait resté quelques femmes (pas toutes), quelques infirmes, quelques sages bouddhistes très avancés.
Edition999 : Une dizaine de personnes… Assez ennuyeux, oui. M6 attendait le reportage, ils auraient dû mettre un écran bleu. Ou un Walt Disney.
Alfred Anchetain : Et ma réputation ? Imaginez ça ! J’en ai encore des sueurs froides. Nous avons convenu que je lui raconterai tout, mais que j’irai seul.
Edition999 : Conclusion ? Nu, c’est vraiment le bonheur ? Érotisme total ?
Alfred Anchetain : Si je pouvais vous répondre simplement, je l’aurais fait. Tout seul, dans un lieu paradisiaque, oui, bien évidemment. Mais dès qu’on est deux ou plusieurs, tout se complique. Les naturistes prétendent qu’ils ne réagissent pas devant une jolie fille toute nue. Je réponds : « Ça dépend laquelle. » Pour eux, le problème n’existe pas, je me fais des idées.
Edition999 : Béryl, qu’est-ce qu’elle en pense ?
Alfred Anchetain : Elle est pressée qu’on fasse le test. Pas de serviette ni de journal. Interdits.
Edition999 : Vous avez accepté ?
Alfred Anchetain : Vous auriez fait quoi, vous ? Sincèrement.
Sa prostitution étant découverte, Béryl doit cesser. Albert l’invite à une réunion médicale où elle découvre le milieu de Mickael ainsi qu’un beau repreneur de ses parts, qui lui plaît aussitôt.
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Paul brûle d’impatience et de désir. Sonia, naturiste et libertine, pour ne pas dire perverse, ne demande qu’à l’initier aux plaisirs charnels.
14 août 2023, par alfred anchetain
Ghis, merci !
Votre témoignage m’est d’autant plus précieux qu’il est rare d’avoir (sur ce site) l’opinion d’un lecteur.
Comme il est positif, je suis "aux anges" ! J’ai voulu rendre compte d’une expérience qui m’a beaucoup amusé.
C’est autobiographique, à peine romancé (l’interview est fictif).
Vous m’encouragez à soumettre à Jean-Michel un quatrième volet "Nu et froid" (titre provisoire) qui ne devrait pas davantage plaire aux naturistes que les précédents ;-)
En tout cas merci, et bonnes lectures !
Bien cordialement,
Votre dévoué Alfred
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13 août 2023, par Ghis
Très instructif sur le naturisme et la nudité,très bien écrit ,je lirais les autres ,je recommande.
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