Dictée à la pistache
Droits & réutilisation
Toute reproduction ou diffusion hors du site Edition999.info sans autorisation écrite de l’auteur est interdite.
Protection des œuvres
Cette œuvre est protégée par le droit d’auteur (CPI, art. L.111-1)...
Toute reproduction ou diffusion hors du site Edition999.info sans autorisation écrite de l’auteur est interdite.
Cette œuvre est protégée par le droit d’auteur (CPI, art. L.111-1)...
Dans le silence de la classe de Pierrot, l’instituteur dicte un texte aux écoliers appliqués. Tandis qu’une phrase du texte évoque une mystérieuse "odeur", Pierrot se concentre sur cette énigme sensorielle. Grâce à son don particulier, il peut percevoir les émotions et les pensées des autres à travers leurs senteurs, qu’il interprète avec une précision étonnante. À travers l’odeur du maître, il devine une gentillesse douce comme de la crème glacée à la pistache. Mais l’odeur qui intrigue Pierrot est celle du garçon du texte, et surtout la pause que la virgule impose à la phrase, suspendant son exploration. Ce petit crochet d’encre, semble-t-il, bloque le temps et le destin des personnages. Au fur et à mesure que la dictée avance, il découvre un changement subtil dans l’air, celui de l’été qui arrive…
« Le garçon sauta le muret et se précipita vers sa mère. Le – garçon… sauta – le – muret… et – se – précipita… vers – sa – mère. Point. Cette odeur, virgule… »
Le maître martelait chaque mot de son pas, tandis qu’il déambulait entre les rangées d’écoliers appliqués. La langue pendante, le stylo-plume vigilant, jeunes filles et jeunes gens écrivaient en prenant garde d’omettre un accent insidieux ou une cédille sournoise.
« Cette – odeur, virgule… »
Cette dictée interminable s’étirait depuis de longues minutes. Pierrot, assis au fond de la salle, maîtrisait son orthographe et sa grammaire. Il n’avait guère besoin que l’instituteur détachât chaque mot. Ceux-ci s’alignaient comme à la parade sur son cahier, chaque signe dessiné avec soin jusqu’à cette virgule qui suspendait l’action. Le regard de Pierrot s’échappa par la fenêtre, qui béait sur un temps radieux, et se perdit dans les vignes qui entouraient la communale. Il appréciait la classe, pourtant, ce jour-là, il s’ennuyait ferme. Son esprit vagabondait, mais restait soucieux de connaître la fin de l’histoire. Quelle odeur ? Quelle mystérieuse émanation le garçon avait-il humée avant cette pause virgulesque ?
La question dénotait aux yeux de Pierrot une particulière importance, car l’écolier avait un talent caché, un don exaltant : son nez possédait une insoutenable finesse. Son flair percevait la moindre molécule et la transcrivait en émotions. Les émotions de ceux qui émettaient ce signal aromatique. Il décodait ses semblables en reniflant leurs sentiments, qu’ils soient affichés ou occultés, conscients ou ignorés. Pierrot s’intéressait en conséquence à cette odeur qui émergerait du texte. Cela l’aiderait à en apprécier le sens.
Deux femmes, un homme, aux horizons incertains, se croisent en quête de pré carré. Leur rencontre est décisive. Voyageurs enthousiastes, passagers involontaires d’une épopée qui les dépasse, ils vont s’aimer, se déchirer, se recomposer.
Dans une résidence près de Valencia, les rapports houleux entre des voisins nantis mais jaloux les uns des autres et dont la fausse amitié finira par se désagréger au milieu du marasme économique actuel. Une intrigue met en scène une arnaque immobilière (…)
À Troyes, une fête foraine tourne au drame quand une jeune femme trouve la mort dans des circonstances troublantes. Martial Petitjean, témoin malgré lui, se retrouve plongé dans une enquête qui réveille des souvenirs oubliés. Il part à la recherche d’un (…)