Thème : Littérature

La quatrième de couverture

Les multiples aspects de la vie moderne forment l’ossature de ce recueil de nouvelles dans lequel événements ordinaires et faits étranges cohabitent dans l’entrelacs des possibles. Les intrigues sèment la confusion et le doute dans l’esprit des personnages et en arrière-plan se profilent les avatars d’un univers d’outre-tombe.

La première page

Hermione est plutôt jeune, la quarantaine ou peut-être un peu moins. Elle a des cheveux en bataille, teinte auburn. Elle n’a pas dû aller chez le coiffeur depuis au moins deux mois car elle les a mi-longs. Comme elle marche vite dans ce chemin aux contours incertains, des mèches de cheveux tendent à se rabattre jusque sur ses paupières et cela l’incite à cligner des yeux voire à les fermer. Elle marche vite comme elle en a pris l’habitude tous les samedis car elle pratique la randonnée pédestre. Il s’agit d’une activité de plein air qui s’effectue à pied en suivant un itinéraire, balisé ou non, seule ou en groupe. C’est à la fois un sport et un loisir de découverte.

Hermione marche vite car son engagement est total. Comme tous les samedis son emportement est guidé par son inébranlable volonté de s’investir dans son activité sportive hebdomadaire. Mais pourtant sa détermination est bien la seule à la faire marcher ainsi parce que tout compte fait rien ne presse, surtout dans la mesure où ce jour-là, comme d’habitude un samedi sur deux, elle marche seule. Seule, comme dans la chanson de Jean-Jacques Goldman : qui donc pourrait la presser sur ces plateaux empierrés où les chemins ne mènent point mais tendent inexorablement à se confondre. Néanmoins sa marche est rapide et il y a quelque chose de violent et de vraiment ardent dans sa pratique de ce beau sport.

La lumière générée par le soleil est dense tant ses rayons sont intenses. Au fil du parcours, les pierres deviennent éphémères aux yeux d’Hermione qui a l’impression que le soleil les empêche de disparaître à tout bout de champ. Et cela s’étend, et cela foisonne de couleurs chatoyantes ; du coup cette femme sportive et d’âge mûr prend un réel plaisir à se dépasser dans sa marche régulière et déterminée.

Biographie de Serge Fuchet

Vers la fin de mes études de lettres modernes, en 2001, j’ai créé un recueil de nouvelles titré " Vie polymorphe ". Le temps a passé et j’ai changé de vie. Et puis depuis trois ans je me suis remis à écrire : des poèmes, des nouvelles et je suis aussi en train de rédiger un roman. Du coup j’ai...

Lire son interview — Serge Fuchet

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