MARGET ET SON GERFAUT
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Cette œuvre est protégée par le droit d’auteur (CPI, art. L.111-1)...
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Si la chance tourne, comme pour venger la mort de Clara, Georges Blin fait sauter les banques de jeux de roulette au casino de Nice. Dérivé par l’idée de se délivrer de la passion du jeu, il part pour l’Islande. Il rencontre Margét d’abord, à Amsterdam, avec son gerfaut à vendre, puis sa soeur jumelle Dùa, à Reykjavik, sur la terre volcanique d’Islande, ébranlée de secousses sismiques, que la lave engloutit parfois, avec ses coulées glaciaires, ses geysers, ses solfatares. L’amour de Dùa le délivrera.
Il s’arrêta devant les façades à redans, les lampadaires qui illuminaient le profil des rues, comme s’il ne devait jamais sortir de ce labyrinthe urbain. A ce carrefour de Zeedijk, une fois dépassées les enseignes verticales des restaurants chinois, le trafic était singulièrement ralenti… Avant de poursuivre son chemin, de marcher seul encore dans la ville, comme s’il avait perdu la voie à suivre, il hésita à prendre, à droite, à gauche, pour tenter le hasard, puis se décida à longer l’avenue dans la direction de l’hôtel. En sondant l’air, il scruta l’espace alentour et ne sentit rien d’anormal, rien d’imprévu. Si l’imprévisible existait, il ne pouvait venir que du danger, par surprise, d’une erreur d’appréciation dans un temps immédiat, ou à venir : le claquement d’une balle perdue tirée de quelque part, l’irruption insolite d’un véhicule qui déboulait furieusement pour le renverser, au passage, l’assaut d’un chien d’attaque dont il servirait de cible. Il se méfiait des indices propres à sembler superflus.
Après son départ de Nice, en prenant place dans un Boeing 777 pour atterrir dans cette ville nouvelle située plus au nord, estompée vaguement de lampadaires cernés de brume et de nuit, pouvait-il croire qu’il avait-il encore un contrat sur lui ? Pourquoi cette idée persistait-elle, corrosive, comme des panneaux de théâtre dissimulés que l’on manipule dans les coulisses ? Pourquoi cette idée l’accaparait-elle encore ? Le cadre dans lequel il évoluait était bien réel, sans flou artistique, même s’il semblait manquer d’efficacité. Il lui semblait ne pas y être encore, comme s’il était devenu quelqu’un d’autre. Drôle de ressenti ! « Parfois, on a le sentiment étrange, songea-t-il, de se sentir autre, ailleurs, même si cela ne dure pas… »
"...et aboyer, et aboyer encore, comme ça, sans raison, simplement parce qu’on est content de son espèce toute entière, parce qu’on se trouve plus fort que le monde entier, et qu’on est content, content, content... Puis se rouler les uns sur les autres...
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