Comment et pourquoi, alors que n’ayant ni compétence ni appétence, se retrouver au cœur d’une enquête sordide au cœur du clientélisme rural
Et se découvrir un allié improbable
J’étais parti de Montpellier aux aurores pour éviter les inévitables embouteillages malgré la « crit’airisation » de la ville destinée à en réserver l’usage à l’élite. Mon sacré neveu m’avait appelé en panique hier soir pour implorer ma présence de toute urgence. J’admets ne pas avoir tout écouté de ce flot de paroles affolées, me contentant de penser que disposant de quelques jours devant moi et face à cette perspective bienvenue de break, pourquoi me priverais-je d’une petite balade dans un charmant village catalan. Mes étudiants en master de finances publiques peuvent toujours me joindre à tout moment.
Pour parfaire l’agrément de ces quelques jours de détente, « Monsieur le professeur » a décidé de prendre les chemins de traverses. D’une part pour profiter d’une allure qui permet d’apprécier les paysages et d’autre part en parfaite adéquation au principe fort d’éviter de se faire racketter par les sociétés d’autoroute. En tant qu’enseignant parfois chercheur, j’avais émis l’hypothèse que la prétention d’Edouard Philippe à « sauver des vies » avec une limitation de vitesse à 80 Km/h n’avait d’autre objectif que maximiser les profits des concessions autoroutières … Un postulat de moins en moins fou de nos jours. Rouler ou être roulé, nous pensons vainement pouvoir choisir.
La contemplation attentive des paysages offre au regard une végétation d’abord méditerranéenne puis sylvestre, du moins pour ce qu’il en reste. Elle atteint son point d’orgue aux abords de la départementale 13 menant à destination où se trouvent encore mais pour peu de temps quelques chênes lièges survivant au stress hydrique.
La succession de virage présente des panoramas variés mais chaque fois magnifiques, une fois sur les Albères, une fois vers le Canigou, une fois vers la méditerranée.
Oups ! Même à vitesse réduite, il convient de rester attentif à sa conduite. Totalement absorbé par le plaisir visuel du panorama j’ai failli rater de dernier embranchement qui mène chez mon neveu qui m’attend déjà devant de perron. Le temps de m’extraire de la voiture après 2H30 de conduite, prendre mes quelques affaires.