Hier est fort lointain,
Aujourd’hui le rattrape,
Demain n’est que la projection de ce jour passé.
Ah ce temps qui fuit !
Méandres… méandres…
Et la rivière va, agitée, se jeter dans la mer.
Quelle terrifiante fusion !…
— Petit !… Psitt ! psitt ! appelle l’homme.
Il est debout sous un grand arbre. Ce dernier, dont les branches ploient sous le poids de leurs feuilles gorgées de sève, couvre de son ombrage les buissons alentours.
— Pourquoi est-ce que tu te caches ? Demande-t-il. Allez, viens, montre-toi !… N’ai pas peur… Je sais que tu es là ; mes yeux ne peuvent pas me tromper : je t’ai vu sortir... Est-ce là ta maison ? C’est là que tu habites, n’est-ce pas ? Allons, petit ! Viens, viens me dire bonjour, juste un petit bonjour… Allez !... un peu de gentillesse à mon égard, petit habitant de la forêt. Aurais-tu peur de moi ? Tu ne devrais pas car moi aussi j’aime la forêt ; j’aime tout ce qui s’en rapporte. Sois donc sans crainte, montre-toi…