Les Peyre sont les plus puissants des seigneurs et barons du Gévaudan, et peut-être l’une des plus anciennes familles. Le premier seigneur est Guillaume de Peyre, fils de Budig II de Cornouaille, comte de Cornouaille. Sept seigneurs vont se succéder pour faire place ensuite aux barons. Cette baronnie, une des baronnies du Gévaudan, fut une des plus grandes baronnies du sud de la France. Elle a possédé jusqu’à sept châteaux sur ce qu’on appelle la terre de Peyre. Mais elle en possédait également sur l’Aubrac, mais les barons en donneront cependant une grande partie à l’abbaye d’Aubrac. Je vous propose de suivre les actions et parfois les aventures de ces seigneurs et barons de Peyre qui sont tous mes ancêtres, avec une mention particulière pour Astorg VII de Peyre baron entre 1220 et 1270 qui a laissé son empreinte dans l’histoire du Gévaudan. Je vous souhaite une bonne lecture.
Avant de vous conter l’aventure des seigneurs et barrons, penchons-nous sur ce château situé sur le roc de Peyre. Le roc de Peyre est un piton volcanique isolé constitué de basalte et approximativement daté du pliocène : voir photo de couverture. Ce promontoire domine entièrement la Margeride et l’Aubrac à une altitude de 1180 mètres. Sur la roche se dressait le donjon du château qui domine au sud les gorges creusées par la rivière Crueize connues sous le nom de vallée de l’Enfer. Les bâtiments divers du château, magasins, écuries, étaient étagés sur les flancs ou au pied du roc. De nos jours, il ne reste rien de l’ancien château de Peyre. En raison des très fortes pentes des parois du rocher qui tombent même à la verticale du côté nord, toute la partie sommitale est entourée d’une rambarde métallique pour éviter les chutes. Ce château, l’un des plus beaux du Gévaudan, en un lieu très stratégique pour un donjon, avait la réputation d’être imprenable. En fait, il ne sera jamais pris jusqu’au 15e siècle où il fût détruit par l’amiral Anne de Joyeuse favori du roi Henri III. Cette destruction intervient en riposte aux destructions perpétuées en Gévaudan par Matthieu Merle capitaine huguenot engagé par la veuve de François Astorg de Peyre pour venger son défunt mari.