ESPRITS NOMADES
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Toute reproduction ou diffusion hors du site Edition999.info sans autorisation écrite de l’auteur est interdite.
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Cette œuvre est protégée par le droit d’auteur (CPI, art. L.111-1)...
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Témoignage, solidarité, partage, démunis, apprentissage, langue, intégration, gratitude, échange, transmission
Quelle alchimie peut survenir de la rencontre improbable entre émigrés précaires et sédentaires assumés ? Ancestraux, mouvements de migration et gestes d’accueil appartiennent au cours normal de l’histoire. Leur brutale résurgence pose à nos sociétés consuméristes, hyper connectées, la question lancinante du socle des valeurs à sauvegarder.
L’expérience partagée ici, au plus près du quotidien de nos territoires, témoigne d’un échange et d’un enrichissement possibles entre des migrants poussés à la fuite et les exilés de l’intérieur que nous sommes tous à des degrés divers. Elle débouche sur l’opportunité de faire œuvre ensemble autour d’une quête de soi qui nous dépasse. Et nous parle de l’exil comme d’un lieu de révélation possible de cette création.
En jeu : une reconnaissance mutuelle s’incarnant dans un récit commun porteur de sens. Du local à l’universel, nos mutations engagent leur pertinence dans le droit fil des consciences ravivées.
Visiblement, la gare d’Austerlitz achève sa mue. Combien de temps faut-il à un lieu pour faire peau neuve ? C’est la question qui me vient au moment où nous nous attablons dans ce café que nous connaissons bien, port d’attache familier, sécurisant pour les semi ruraux que nous sommes, rarement en partance mais toujours fascinés par la Capitale. Nous nous faisons la remarque que notre grotte de sédentaires a pris des airs de refuge à l’international depuis l’arrivée d’un réfugié dans ses murs. Notre manière à nous de transhumer ? A quand une sortie de la caverne façon Platon ?
Les yeux encore embués de voyage, nous discutons. Tout en replongeant dans cet univers parisien insolite, ce sont des nouvelles baroques de nos territoires que nous portons en guise de bagages. Voilà déjà plusieurs samedis que des marées jaunes et braillardes ont pris l’habitude de venir poser leurs banderilles au goût citron dans la chair lisse, et néanmoins présumée aguerrie, de nos élites dirigeantes.
Toujours "sacralisé" comme écrivain d’une certaine mémoire Algérienne, Albert Camus de "Misère de la Kabylie" tenait à répondre par une contre-enquête, émanant d’un "Algérien" à un "Algérianiste". René Janon, c’est de lui qu’il s’agit, reste méconnu en (…)
Le temps est passé tel un éclair. Périclès se rend compte que sa vie n’est qu’un long fleuve parsemé d’échecs. Et sans un investissement quelconque, il se demande qui de ses trois enfants sera un bon héritier.
Si en Afrique un vieillard qui meurt est une bibliothèque qui brûle, peut être devrions nous trouver une technique de momification qui nous permettra de pérenniser la substance de ces bibliothèques afin qu’elles ne brûlent plus mais deviennent des musées. (…)