Thème : Policier et suspense

La quatrième de couverture

Albert Galan, fait partie de ces hommes qui ont construit leur vie plutôt que de la subir. Alors que fait-il blessé dans ce lit d’hôpital ? Rachel est venue enquêter sur l’agression qu’il a subie, mais elle se heurte à son mutisme, il ne veut pas porter plainte, pourquoi ? L’infirmière raconte à Rachel qu’Albert Galan fait de drôles de rêves, des cauchemars effrayants. Quelque chose obsède cet homme, quelque chose qu’elle veut découvrir. Est-ce le tatouage entre aperçu sur son bras gauche, mais il y a si longtemps, est-ce autre chose ? Des ombres flottent autour de cet homme, des ennemis lointains enterrés !

La première page

Un léger vent faisait sautiller le gravier, certains cailloux, les plus petits, se cognaient aux pieds en fonte des bancs alignés entre les tilleuls. Il soufflait entre les volutes de la grille en fer forgé, se brisait à l’angle du square, puis remontait sur une autre lignée de bancs et de tilleuls.
Parfois, il refoulait vers les ormes autour de la statue et revenait s’ébrouer sur un journal resté là sur un banc. Le froissement du vent dans ses feuilles de papier était indistinct. Le vent faisait le tour du square, il balayait les quatre côtés symétriques de la place et s’échouait sur les portes battantes de la grille.
Ses mains posées sur le fer forgé commençaient à blanchir et le froid du métal remontait dans ses articulations. Il recula, se frotta les mains et décida d’aller se réchauffer d’un café.
Assis réconforté, il pencha sa tête pour essuyer la goutte de son nez qui menaçait son menton. C’est là qu’il aperçut la tache sur sa cravate en soie rouge. Elle n’aurait pas été contente, se dit-il.
Depuis qu’il avait eu quatre-vingts ans, il avait décidé d’être un vieil homme chic et s’obligeait à porter une cravate en soie rouge tous les jours. Ça l’amusait, ça lui donnait un style, une contenance surannée. Il riait sous cape en pensant à son aversion pour cet accessoire qu’il avait mis un point d’honneur à n’y pas céder durant toute sa vie.
Au bord de la vieillesse, il s’y soumettait avec un soupçon de coquetterie. C’était le bénéfice de l’âge, se disait-il. Maintenant que je suis vieux, je ne risque plus rien, je suis libre enfin de tout.
Ce sentiment de liberté lui donnait un bonheur extrême, il le ressentait comme une récompense et se souriait pleinement en y pensant. Libre, il l’avait toujours été, mais à chaque fois il avait dû l’affirmer. L’incognito dû à l’âge lui convenait.

  

Biographie de Malvina Tedgui

Psychanalyste, formatrice en développement personnel et professionnel, Malvina Tedgui décrypte et tente de comprendre depuis de nombreuses années les comportements et les mystères de l’âme humaine. La littérature est venue à elle naturellement. Comme une autre manière de sonder l’indicible.

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