Trois sœurs. Une ressemblance troublante. Un pacte dangereux.
Mika, l’étudiante sage.
Alex, la femme mariée qui s’ennuie.
Tamara, l’influenceuse qui s’exhibe sans pudeur.
Leur pacte : échanger leurs vies, leurs corps, leurs désirs.
Une soirée, un rendez-vous, un rôle endossé — et soudain, les limites explosent.
Sous les regards d’hommes de pouvoir, dans les bras de femmes imprévues, au cœur d’hôtels feutrés ou de dîners interdits, Mika se perd et se révèle. Elle n’est plus seulement l’étudiante studieuse qu’on croyait : elle jouit de la confusion, du danger, de la brûlure d’être vue comme une autre.
Un roman érotique en clair-obscur, où l’ambiguïté des identités se mêle à l’intensité des corps. Sensuel, troublant, cru parfois, mais toujours porté par une écriture intime.
On nous a souvent demandé comment on se reconnaît, nous trois. C’est drôle, parce que pour moi, c’est évident — comme distinguer ses propres mains. Mais pour les autres, nous sommes d’abord un vertige : trois silhouettes blondes, mêmes pommettes hautes, même bouche nette, même taille d’un mètre soixante-dix, la même façon de marcher vite, comme si la ville coulait sous nos pas. On nous regarde et les regards hésitent, glissent de l’une à l’autre.
La vérité tient à presque rien. À la naissance, maman nous avait attaché des rubans de couleur au poignet. On a gardé l’habitude. Tamara a toujours aimé le noir — elle prétend que ça met ses yeux en valeur — Alex préfère des tons chauds, terracotta, ambre, miel, des bracelets en perles qu’elle tresse elle-même, et moi, Mika, j’ai longtemps choisi le bleu-gris. Peut-être parce que mes yeux tirent un peu plus vers le bleu que ceux de mes sœurs, qui sont franchement verts. Un détail que seuls les proches remarquent.
On dit souvent de nous que nous sommes des jumelles — mais nous sommes en réalité des triplées. Tamara est sortie la première, dix minutes avant moi. Alex a suivi, cinq minutes avant que je n’arrive à mon tour. Ce minuscule décalage a suffi pour installer un ordre tacite : Tam, la grande, celle qui ouvre la voie ; Alex, le juste milieu ; et moi, la petite sœur, même si nous avons toutes le même âge. C’est un jeu de hiérarchie que nous n’avons jamais complètement quitté.
Il y a aussi les nuances de voix. Nous avons la même tessiture, c’est vrai, mais Tamara parle comme elle marche : sans demander la permission. Alex sourit avec la voix, même quand elle fatigue. Moi, je module, je pèse les mots. C’est idiot, peut-être, mais j’ai l’impression que les mots ont un poids réel, qu’ils poussent ou qu’ils protègent. Les journalistes et les politiques que je croise le savent, eux : un mot peut changer une salle.