Avant-propos
La Bergerie des Souvenirs est née de souvenirs anciens, parfois très lointains, revenus au fil du temps comme de vieilles photographies que l’on retrouverait au fond d’un tiroir.
Cette bande dessinée s’inspire de moments vécus, de personnes croisées et de lieux qui ont marqué une époque de ma vie. Elle ne prétend cependant pas en proposer une reconstitution historique exacte. La mémoire garde certaines choses avec une étonnante précision et en transforme, en mélange ou en efface d’autres.
Pour préserver les personnes concernées et conserver à ce récit sa dimension littéraire, les noms des personnages ainsi que les noms et certains détails des lieux ont volontairement été modifiés. Certaines situations ont également pu être adaptées ou réorganisées pour les besoins de la narration.
Il faut donc lire ces pages comme une histoire inspirée de souvenirs, quelque part entre mémoire et récit : des fragments d’un passé lointain auxquels le dessin redonne aujourd’hui des visages, des couleurs et une voix.
À la Bergerie, les souvenirs sont faits de petits riens.
Laura se souvient de Sœur Germaine, qui la surnommait affectueusement « ma chouchou », des fous rires autour de la table, des bêtises partagées avec les autres enfants et de ces journées où chaque détail pouvait devenir une aventure.
Il y avait les moutons dans les champs, les films du mercredi après-midi, les règles parfois contournées, les prières, les fêtes et les amitiés qui naissaient presque sans qu’on s’en aperçoive.
Des années plus tard, ces instants sont toujours là. Certains font sourire, d’autres réveillent une émotion plus tendre. Ensemble, ils racontent une enfance et un lieu que le temps n’a jamais vraiment effacés.
Parce que, finalement, ce n’est jamais si banal que ça.