Cet écrit a pour objectif de développer, plus longuement, le thème traité succinctement dans le cadre d’un concours de nouvelles organisé pour le cinquantenaire de Mai 68 (avec un nombre maximum imposé de caractères) : « Sous les pavés, quelle plage ? ».
L’évolution d’un mouvement étudiant début 1968 à la faculté de Nanterre, avec l’émergence de groupes d’extrême gauche prônant la révolte contre l’institution universitaire considérée comme un rouage de la société capitaliste, avait donné lieu, en mai, à une insurrection généralisée. A la fois universitaire, sociale et politique, elle avait mis le pouvoir exécutif en péril. C’est par un regain d’autorité conforme à son personnage que le général de Gaulle rétablit la situation.
L’objectif des attentes de la société fut cependant atteint : les événements de « Mai 68 » s’avérèrent être un formidable accélérateur de mutations sociales et sociétales.
Cinquante ans plus tard, un mouvement de contestation étudiant est à l’oeuvre depuis le mois de février, occupant des sites universitaires, empêchant la tenue des cours et des examens, des groupuscules anarchistes « s’invitent » dans les manifestations pour « casser du flic » et s’en prendre aux symboles du capitalisme. Les conditions pour une insurrection de même ampleur semblent réunies, tant l’accumulation de mouvements sociaux simultanés est spectaculaire.