Les Cités-Jeu
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Cette œuvre est protégée par le droit d’auteur (CPI, art. L.111-1)...
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Filaster Germanovic est un célèbre architecte. Il a créé des Cités gigantesques, où les appartements et les loisirs sont gratuits pour tous les miséreux. En échange, les habitants participent à une télé-réalité grandeur nature. Certains sont équipés d’un casque qui permet à un téléspectateur fortuné de prendre son contrôle mental, et d’agir à la place du Connecté. Filaster est attaqué par l’un d’eux. Prisonnier dans cette ville qu’il connaît mieux que personne pour en avoir élaboré les moindres détails, il va devoir fuir pour préserver sa vie, tout en cherchant la réponse à cette question obsédante : qui lui en veut à ce point ? Et, surtout, pourquoi ?
Filaster Germanovic déambulait dans les rues de sa ville. De l’une de ses villes. Il avait enfanté près de quatre cents mégalopoles comme celle-ci de par le monde. Toutes identiques, sur son modèle, sa cité. Filaster se définissait volontiers comme architecte, bien qu’il naviguât bien au-delà de ce simple métier. Il dessinait les bâtiments, organisait les réseaux de voirie, d’égouts, de canalisations souterraines ou aériennes, découpait la ville en quartier, prévoyait ses besoins en eau douce, énergie, transports. Il décorait les appartements et standardisait le mobilier. Le cahier des charges avait posé des conditions claires et strictes. Un minimum d’espace au sol gaspillé, des coûts les plus faibles imaginables, rentabilisés par une occupation humaine chiffrée : dix mètres carrés par adulte, cinq de plus alloués par enfant. Célibataires appariés selon les affinités, si possible. Sinon par tirage au sort. Un appartement cloné presque à l’infini dans une cité. Une cité clonée quatre cents fois dans le monde. Le chef-d’œuvre auquel il consacra son existence et qui le rendit riche au-delà de ses rêves les plus fous. Bien assez pour ne pas noyer sa vieillesse dans une de ses réalisations.
Filaster aimait à venir humer l’odeur de sa ville. À grandes goulées, il aspirait l’ambiance de la zone industrielle à l’heure des changements d’équipe. Dans ce quartier, cela fleurait bon surtout la chimie, et l’air s’encrassait de fumées peu ragoûtantes. Mais il appréciait la satisfaction des ouvriers une fois l’ouvrage accompli, et l’attente énergique de ceux qui les remplaceraient. Nombre d’entre eux adressaient un petit signe complice de la main aux caméras qu’ils savaient les plus regardées. Si deux lascars prévoyaient de démêler une chamaillerie, ils se cognaient dessus en face de leur préférée, tandis que les spectateurs prenaient soin de laisser libre le champ devant l’objectif. Puis, les camarades s’éparpillaient : qui de rentrer chez lui mettre les pieds sous la table, et qui de passer auparavant avec un copain par un bistrot du quartier des plaisirs, histoire de se flamber les papilles pour ôter le goût de ce qu’il devra ingurgiter peu après.
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