Tout à commencer ce 24 mai 1947, lorsque le jeune poète Kateb Yacine donna une conférence à la salle des Sociétés Savantes de Paris sur l’émir Abdelkader et l’indépendance algérienne. Annoncée par Alger républicain (30/5/1947) l’intervention a été « écouté avec attention par deux cents individus intellectuels nord-africain » et que Kateb Yacine a fait réhabilité « la noble figure de l’émir que les colonialistes avaient réussis à ternir, voire à effacer de l’histoire algérienne ».
Marguerite Yourcenar écrivait dans Quoi ? L’éternité, que « le tracé d’une vie humaine est aussi complexe que l’image d’une galaxie ». C’est la cas de le dire pour le poète et journaliste Kateb Yacine dont les présents 127 articles – jusque-là inédits – traduisent tout un parcours politique
Vous voulez bien enfoncer un éléphant africain dans le trou d’une seringue ? C’est très possible, faites-le avec la lecture que propose le livre de M. Abdelli Mohamed-Saïd, intitulé L’univers littéraire de Kateb Yacine paru chez Casbah éditions en 2009.
Une publication qui vous portera à l’idée d’une influente présence de micro-thèmes préislamiques (la jahylia) dans cette production poétique et fictionnelle de Kateb Yacine. Les indices, que vous livre l’auteur de cette pesante analyse thématique, selon le diagramme de la phénoménologie de Bergson aboutie à cette circularité qui domine le texte katébien tout comme celle de la composition qui domine la poésie arabe préislamique, ou les fameuses « moualakat ». Influence transtextuelle due au père et à l’oncle de Kateb Yacine qui récitait de cœur quelqu’un de ces longs poèmes devant un petit Yacine totalement émerveiller « par la grandeur des images et formes de cet art bédouin ». Une poésie qui débutait cycliquement par une lamentation sur les lieux abandonnés et clôturant sur le besoin et la nécessité de quitter ces mêmes lieux, afin de regagner d’autres lieux déjà abandonnés par d’autres tribus nomades.