Ermengarde de Narbonne n’est guère mentionnée dans les livres d’histoire. Pourtant, elle a des débuts brillants, elle n’a que cinq ans lorsqu’elle est vicomtesse comme seule descendante de son père Aymeri II vicomte de Narbonne. Son dévouement à la cité narbonnaise est sans faille, ce qui la fait intervenir dans chaque crise militaire ou diplomatique susceptible de nuire à ses intérêts. Elle est aussi une protectrice des troubadours qui l’ont beaucoup célébrée. Mais Ermengarde n’aura pas la fin de vie qu’elle méritait. Elle qui avait su contrer toutes les perfidies et attaques venant des autres familles rivales ne voit pas venir la trahison au sein de son propre clan. Elle perd son titre de vicomtesse en 1192, elle est chassée de la ville et tous ses alliés de longue date la délaissent au profil de son neveu. Elle meurt en 1196, exilée en Roussillon et abandonnée de tous. Comment cela a-t-il bien pu arriver ?
Sa jeunesse
Née en 1119, Ermengarde est la fille de mon ancêtre le vicomte de Narbonne Aymeri II * et de sa première femme Ermengarde de Servian* dont la famille est affiliée aux puissants Seigneurs de Montpellier. Né en 1084, Aymeri II est par sa mère, le demi-frère du comte de Barcelone Raymond-Bérenger III, de deux ans son aîné. Le père d’Ermengarde est vicomte de Narbonne de 1105 à 1134 et le principal allié de Raymond Beranger III qui a pour ennemi le comte de Toulouse et les Trencavel (famille héraultaise vers Béziers). Il décède à la bataille de Fraga en 1134 en combattant les Almoravides aux côtés du roi Alphonse Ier d’Aragon dit le Batailleur. Cette bataille est liée à la période de la Reconquista due aux invasions musulmanes entre le VIIIe et XIVe siècle.
Un acte de juin 1131 par lequel le vicomte s’engage avec « ses fils » prouve qu’il avait au moins deux fils à cette date, mais ils meurent avant leur père. Ermengarde devient de facto l’héritière de la vicomté de Narbonne à la mort de son père. Cet héritage est considérable, car Narbonne occupe une place stratégique dans la région qui voit s’opposer les comtes de Toulouse et les comtes de Barcelone.
Alors qu’elle n’a que cinq ans, Ermengarde achève son enfance auprès de sa belle-mère Ermessinde de Narbonne*, seconde femme de son père. Cette dernière, mère de mon ancêtre prénommée aussi Ermessinde* est veuve après quatre ans de mariage.