Bientôt le souffle terrible des martyrs fera dissiper le voile sombre qui couvre notre belle Algérie et tout s’étalera au grand soleil et nos insulteurs d’aujourd’hui seront les coupables de demain, écrit Omar Samar prophétique, dans El Hack (17 septembre 1893).
Omar Samar, né aux environs de 1870 et disparaîtra de la scène politique et médiatique dès 1896 après avoir été à la tête de deux hebdomadaires paraissant entre 1893 et 1895 à Bône (aujourd’hui Annaba).
Le natif d’El-Kala à l’extrême nord-est de l’Algérie était aussi un militant socialiste et progressiste. Proche du mouvement des Jeunes Algériens, il ne cessa de défendre les causes de ses citoyens musulmans tout en restant ouvert sur un humanisme bien anticolonialiste.
Le présent roman qui, à notre connaissance, n’a jamais été édité en livre papier, place son lecteur dans le contexte de l’Algérie de 1895 socioculturel et politique. Un texte qui semble être inachevé, mais bien censuré par la censure coloniale de l’époque.
Le roman est paru sous forme de feuilleton dans L’Eclair et La Bataille algérienne, entre le 24 mars et le 11 juin 1895.
« Dans Divagations d’âmes, le thème actuel de la dénonciation du Juif prend la tournure d’une rivalité entre le héros du récit Mansour El Aziz et le riche commerçant juif Mardoché David (au « luxe mal acquis de richissime ») à qui il ravit, sous les hourras de ses coreligionnaires, la belle Hélène, la fée du « Palais oriental », un double de la Nana de Zola. », selon M. Samir Merdaci de l’université de Constantine, 2015.