"Séduit par la fascination qu’exerce sur lui une femme qu’il voit périodiquement passer dans le cadre de sa fenêtre, le narrateur finit par la rencontrer. Lola le suit et l’aide. Suite à une affectation, ils quittent une ville du sud de la France pour Hambourg. Cependant ; le changement climatique agit sur le couple au point qu’ils se séparent. Ils subissent l’indifférence irréductible d’Aphrodite repue.
Le narrateur rencontre Marlène, une jeune veuve orientée politiquement. Il vit avec elle dans un immeuble donnant sur la mer Baltique. Lola refait surface au bout d’un certain temps. Si le hasard veut qu’elle aménage dans le même immeuble, l’emprise du souvenir agit sur lui. Marlène ne pardonne pas et révèle sa vraie nature. Un drame se joue au coeur d’Hambourg, à proximité du port. "
La simple vue de la jeune femme à travers la vitre me libérait de certaines inhibitions, en modulant la rue d’une autre perspective. Elle passait, en donnant un autre visage à l’ambiance qui régnait, captivait mon regard d’un charme qui durait peu, dans le cadre de la fenêtre donnant sur le trottoir opposé. Son simple passage avait le don de me guérir du spleen. Sa silhouette en mouvement me suggérait l’idée que je pouvais la toucher du doigt comme on effleure à peine, à distance. Ainsi le croyais-je.
Ce fut par ce simple hasard que j’eus la chance de rencontrer Lola, durant une période où je me posais un tas de questions sur mon existence, pourquoi je vivais ainsi. Aujourd’hui, est-ce encore une raison suffisante pour le croire ?
Dans l’attente de son passage qui m’incitait à supposer qu’un invisible aimant m’attirait vers la fenêtre, chaque fois que je la sentais venir, cette conjonction me fascinait. Quel hasard m’accordait le choix ou le droit d’être là, au moment où sa silhouette apparaissait sur le trottoir opposé ? J’aurais pu me contrôler, m’interdire de la voir passer, si cela m’aurait manqué. Ainsi d’être dans le flou total, démuni de sa présence journalière, à distance.
Sans la connaître, sans jamais lui avoir adressé la parole, avec l’occasion de me familiariser avec sa silhouette, je ne connaissais même pas son prénom. Pouvait-elle ignorer que je l’épiais, que je l’observais ? Que se passait-il dans son esprit ? Avec certaines suppositions, je prenais certaines vues d’elle, comme pour la définir par une série d’esquisses ou la peindre sur le vif en fonction des clichés qui semblaient évanescents, volatiles, puisque j’en restais là. Je n’avais pas de smartphone à ma disposition, ni de caméra Zoom X, pour la saisir dans ses instantanés ou la filmer. Une lacune, dans le fait, difficilement crédible, mais cela ne me frustrait pas…