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L’Algérie est le pays à l’honneur ce mois-ci sur Edition999

Ce mois-ci, l’Algérie est le pays à l’honneur sur Edition999. Une sélection de quatre auteurs "Ambassadeurs Edition999" et de six livres partagés vous sont proposés. La francophonie est primordiale pour partager la littérature et les mots à travers le monde.

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Pour cette page exceptionnelle, Anys Mezzaour répond à nos cinq questions.
Une sélection de quatre auteurs algériens francophones, "ambassadeurs Edition999" vous est proposée.
Six ebooks gratuits représentatifs de la littérature algérienne en langue française sont partageables, téléchargeables librement à loisir.
Cinq photos originales et magnifiques d’Oran vous sont également proposées pour encore plus s’imprégner de ce magnifique pays.

Anys Mezzaour est l’auteur algérien reconnu du mois. Il a eu la bienveillance d’accepter de répondre à nos cinq questions concernant la littérature, l’Algérie et la francophonie.

Anny Mezzaour

Pour les lecteurs francophones, qui vous découvrent, pouvez-vous présenter ?
Je suis Anys Mezzaour, écrivain algérien, auteur de quatre romans en français : une trilogie de fantasy intitulée Le Lien des Temps (Tome I : La Proie des Monde, 2013 ; Tome II : La Terreur des Mondes, 2015 ; Tome III : L’Espérance des Mondes, 2016) et d’un drame social romantique intitulé Entendu dans le silence, 2018. Tous sont publiés en Algérie (Éditions ENAG pour la trilogie et Casbah Éditions pour le dernier).
J’étais le plus jeune écrivain algérien au moment de la parution du premier ouvrage (16 ans en 2013) et j’ai commencé à écrire à l’âge de 11 ans. Je suis le premier auteur à introduire le genre fantasy dans la littérature algérienne.

Pour ce mois de l’Algérie sur Edition999, quels sont les auteurs francophones algériens que vous aimeriez faire découvrir à nos lecteurs de 27 nationalités différentes ?
Deux auteurs algériens me semblent particulièrement intéressants à connaître du fait de l’universalité de leur œuvre.
Le premier est Mouloud Mammeri, écrivain en langue kabyle et française, auteur de nombreux romans et nouvelles dont les plus connus sont La colline oubliée et L’opium et le bâton. À travers ses écrits, c’est tout un pan de l’histoire sociale de l’Algérie colonisée, révolutionnaire puis indépendante qui est mise en lumière.
Le second est Kaddour M’Hamsadji, auteur de romans, essais, nouvelles, pièces de théâtre, contes, recueils de poésie, etc. Il est actuellement le doyen des écrivains algériens et son œuvre est traduite dans plusieurs langues. Ses thèmes sont aussi les relations sociales en Algérie, leur développement et leur évolution. Si je devais conseiller deux de ses œuvres, ce serait La Dévoilée (sa première œuvre, une pièce de théâtre) et La Quatrième épouse (roman).
Ces deux écrivains sont des peintres de la société algérienne et la donnent à voir sous toutes ses coutures sans jamais se censurer, ni tomber dans le dithyrambe.

Que pensez-vous du principe que des livres puissent être publiés sans frais pour l’auteur ? Et que pensez-vous de la totale gratuité de la lecture de ces livres ?
J’ai toujours publié mes ouvrages à compte d’éditeur, donc sans aucun frais pour moi. Je connais cependant des auteurs qui ont publié à compte d’auteur pour des raisons personnelles et j’ai compris qu’il était beaucoup plus difficile de passer par cette voie, même si la rémunération est complète. Car quand on publie à compte d’auteur, il faut tout faire soi-même : éditer le livre, obtenir l’ISBN, l’imprimer, concevoir la couverture, coller, stocker, distribuer et en faire la promotion.
La publication sans frais pour l’auteur est donc le meilleur mode de publication même si la marge de rémunération est en général fixée à 10% du prix HT. Personnellement, je n’écris pas pour cette rémunération, j’écris pour transmettre des émotions aux lecteurs et ma rémunération est leur retour critique (positif ou négatif) et la promotion qu’ils en font.
La totale gratuité de la lecture est une autre question cependant. Dans un monde idéal, il est évident que l’accès universel et gratuit aux livres est souhaitable. L’essor des ebooks ne peut qu’aider à parvenir à cet objectif. Pourtant, le livre s’inscrit dans un marché, donc dans un système d’offre et de demande, de vente et d’achat. C’est un produit issu du travail de nombreuses personnes (auteur, éditeur, distributeur, libraire) et l’accès gratuit ne peut en l’état être bénéfique pour eux.

Avez-vous des idées permettant aux auteurs algériens d’avoir une place plus importante dans le monde francophone ?
Mon idée phare en ce moment est celle de la relance de l’Union des Écrivains Algériens, fondée en 1963 par Mouloud Mammeri, Kateb Yacine, Kaddour M’Hamsadji, Mourad Bourboune, et tant d’autres écrivains illustres dont les œuvres sont devenues des classiques.
Actuellement en sommeil, la raviver et y inclure l’ensemble des bonnes volontés de la jeune génération littéraire algérienne permettrait de reprendre les travaux dont elle était le support auparavant : cafés-littéraires, voyages culturels, conférences d’auteurs étrangers, échanges littéraires avec les autres structures étrangères, promotion des ouvrages de ses membres, etc.

Qu’aimeriez-vous dire à nos auteurs et à nos lecteurs francophones ?
Le message qui est le mien, je vais finalement vous le résumer par une citation conclusive que je tire de mon quatrième roman, Entendu dans le silence : « Au vrai, il rêvait d’être le personnage principal de ce livre. Ou de n’importe quel livre, d’ailleurs. Certes, être le personnage d’une histoire déjà écrite pouvait être considéré comme farfelu, voire insupportable, par certains. Mais pas par lui. Un personnage de roman n’a aucune prise sur sa vie, toutes les péripéties qui lui arrivent sont prévues à l’avance par l’écrivain. Amir n’aurait qu’à se laisser aller au fil des pages ; il n’aurait pas à vivre l’absurdité de l’être. Il était un existentialiste pour les autres mais un essentialiste pour lui-même. Il ne cessait de répéter à sa meilleure amie que, pour lui, et uniquement pour lui, l’essence avait précédé l’existence et qu’il se sentait prédestiné à quelque chose de grand. Pour les autres, c’était facile, ils étaient libres, libres de vivre et d’exister, de faire ce que bon leur semblait ; leur essence s’accomplissait au cours de leur vie. » J’encourage donc chacun de vous à être libre de réaliser votre volonté, à faire précéder votre essence de votre existence et à accomplir le destin auquel, toutes et tous, vous rêvez. Et si vous voulez écrire, si vous en ressentez le besoin intime, faites-le, exprimez-vous, écrivez !

Les quatre auteurs algériens "Ambassadeurs Edition999" mis en avant pour ce mois sur l’Algérie.

Venez découvrir tous les auteurs francophones algériens.
Aziz Medjkane

J’écris souvent en fonction de ce que j’imagine ou ce qui m’interpelle le plus dans ma vie.

Hicham BENDELHOUM

C’est ma première expérience dans l’écriture je ne saurais comment décrire mon style.

Mouseddek Hanaà Yasmine

Je considère ma plume comme la personne qui comprend tout en traduisant mes sentiments…

Les cinq photos d’Oran proposées par Khaled Mehdaoui photographe franco-algérien pour ce mois de l’Algérie

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