Maria est fascinée par les gros camions, par leur puissance virile, par les frissons que lui donnent leur moteur, par l’aspect guerrier de leur chauffeur. Une idée simple germe dans son esprit, pourquoi se priverait-elle d’un petit tour en camion. L’auto-stop lui en donnera l’occasion, pour une fille en mini-jupe sur le bord de la route, ce n’est qu’un jeu d’enfant que d’arrêter un gros camion.
L’amour des camions entraînera Maria dans une série d’aventures et de rencontres où elle pourra donner le meilleur d’elle-même.
Maria avait pédalé sereinement sur la nationale, arrivée dans le bourg, elle ralentit. Elle s’arrêta et mit pied à terre, jeta un coup d’œil derrière elle et examina les alentours pendant trente secondes, elle décida enfin qu’il n’y avait aucun danger, la camionnette de gendarmerie n’était pas là. Elle donna un coup de pédale et repartit d’un bon train, droit devant.
Sortie du bourg, elle chercha un emplacement adéquat pour faire du stop. Elle dut parcourir environ un kilomètre avant de trouver ce qu’elle cherchait : une zone de stationnement assez grande pour un camion dans une grande ligne droite, avec une bonne visibilité. Elle descendit du vélo, l’amena par le guidon derrière une cabane de chantier en pestant contre la morsure des orties qui poussaient à travers le gravier et cacha le vélo tant bien que mal.
Elle verrouilla l’antivol, détacha les tendeurs et libéra le sac à dos du porte-bagage. Elle farfouilla à l’intérieur pour en sortir une petite jupe blanche qu’elle posa sur la selle du vélo.