Contre l’Artificiel, c’est être contre les hommes usant du progrès dans le but de nous asservir.
Alors, luttons, quel qu’en soit le coût même si c’est au prix de la solitude.
À présent, que nous reste-t-il ? Il nous reste les mots.
Ils ont le pouvoir des branches du peuplier, seul résistant face à la tempête.
Rassemblons-nous et prenons le temps de créer notre liberté
"Il est l’heure d’y croire.
Il est l’heure de ressentir chaque chose, chaque souffle, chaque vent.
Lutter c’est vivre, ne pas laisser le moribond infiltrer nos corps et nos âmes.
Ne pas céder à l’inconscient, ceux qui cherchent à se servir de votre regard pour quelques sous.
Retrouvons les instants, retrouvons nos instants."
Parsemés sur la plaine, nul oracle ne l’avait prédit.
Les cendres s’éveillaient, tourbillonnaient et prenaient une forme reconnaissable.
Celle de l’homme, du jeune homme à qui, on avait enlevé la vie des années auparavant. Il se levait difficilement, ses os craquelaient à chaque effort de sa maigre carcasse.
Sous la statue du lion qui l’avait vu périr, il sanglotait amèrement sans se souvenir de ce qui l’avait mené au trépas.
Des bribes de mémoire lui revenaient, le renvoyaient à ses parents. Il perçevait les épaves de leurs visages qui s’en allaient dans les limbes de la nuit étoilée.
Dans le sombre de la ville, il fit quelques pas de ses chaussures boueuses. Il ne se rendait pas compte que tout s’éteignait, il avançait en titubant, ses pupilles toujours accrochées aux étoiles.
17 septembre, par Emily
Je suis toujours très heureuse de retrouver la plume de Serg Pehaisse, et Contre l’Artificiel ne fait pas exception.
J’ai retrouvé cette place si particulière accordée à l’Homme dans le grand cycle de la vie. Mais cette fois, le questionnement se tourne davantage vers ces technologies qui prennent une place de plus en plus importante dans nos existences : l’intelligence artificielle, les réseaux sociaux, le virtuel... Qu’est-ce que tout cela change en nous ? Dans notre rapport aux autres, au monde, mais aussi à nous-mêmes ?
Et pourtant, au milieu de ces réflexions, il reste toujours cette place pour l’amour, la résilience et peut-être même l’espoir.
J’ai retrouvé cette écriture parfois abrupte, qui peut surprendre, entre poésie et nouvelle.
Serg Pehaisse ne cherche pas forcément à nous livrer ses critiques frontalement. Elles sont travaillées, parfois dissimulées derrière des images fortes, et c’est justement ce qui m’a plu.
Certaines images restent en tête bien après avoir tourné la page.
Et je crois que c’est ce que j’aime dans ses recueils : ils ne cherchent pas forcément à nous donner des réponses.
Ils nous poussent plutôt à nous arrêter un instant et à regarder ce que nous sommes en train de devenir.
J’ai trouvé ce recueil percutant, mais surtout profondément humain.
Et peut-être que c’est justement ça, "Contre l’Artificiel" : une invitation à ne pas perdre l’humain au milieu de tout ce que nous créons.
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