Un incendie ravage le nord du Manitoba. Au milieu de la fumée et des flammes, un pompier croit distinguer quelque chose d’anormal, une silhouette ou un mouvement qui n’a rien d’humain. Troublé, il en fait part à un inspecteur de police, qui décide d’ouvrir une enquête. En suivant cette piste improbable, l’inspecteur va mettre au jour une vérité que personne n’aurait pu imaginer, une découverte capable de bouleverser tout ce qu’il croyait savoir.
En 1989, plus de 25 000 personnes furent déplacées à cause du plus grand feu de forêt que le nord du Manitoba ait connu. La forêt s’étendait jusqu’à l’infini, vaste royaume autrefois vibrant de vie, désormais réduit à une terre meurtrie par un incendie d’une violence inouïe. À chaque pas, la poussière de cendre recouvrant le sol s’élevait en nuages sombres, comme si la terre expirait une dernière fois. L’air, saturé d’une âcre odeur de bois consumé, semblait brûler la gorge, rappelant sans relâche la fureur du brasier. Au loin, une colonne de fumée gigantesque continuait de s’élever, telle une cicatrice noire déchirant le ciel. Au dessus des arbres, un plafond de fumée mouvant et oppressant étouffait la lumière du soleil, plongeant la forêt dans une pénombre rouge sang. Par moments, la masse se fissurait, laissant filtrer un éclat blafard avant de se refermer aussitôt, comme si le ciel refusait de montrer son visage. Les arbres calcinés se dressaient tels des spectres torturés, leurs branches tordues tendues vers le ciel dans un geste figé de supplication. Certains troncs, encore fumants, laissaient échapper de faibles craquements, murmures sinistres d’un feu qui refusait de mourir.
Je m’appelle Abel Cornier, inspecteur au sein de la Police montée canadienne. Quand l’incendie fut enfin maîtrisé, quarante huit heures plus tard, je reçus l’appel d’un pompier dont la voix paraissait au bord de la rupture. Il parlait bas, comme si quelqu’un pouvait l’entendre. Chaque phrase semblait arrachée, retenue par une peur qu’il ne parvenait pas à nommer. Il me confia qu’au plus fort du brasier, alors qu’il avançait dans une zone où la chaleur tordait l’air et où la fumée avalait tout repère, quelque chose s’était dressé devant lui. À quelques mètres d’une colline — ou d’un rocher carbonisé, il n’en était plus sûr — une structure métallique se tenait là, intacte, comme plantée volontairement au milieu du chaos. Pas un débris. Pas un vestige arraché par le feu. Une forme nette, froide, presque géométrique. Il parla d’une éolienne, d’une turbine aux pales immobiles, luisantes, comme si la fournaise n’avait jamais existé. Une présence incongrue, trop propre, trop précise pour appartenir à la forêt.
29 septembre, par Al. O’WOLF
Jusqu’au bout le suspense est demeuré. C’était bien mené dans l’ensemble.
J’espérais un autre dénouement mais bon... La sensation de la fin de l’histoire qui tombe un peu à plat m’habitera pendant un moment encore.
Au plaisir de vous relire !!!
^ 30 septembre, par François Maillet
Je tiens à vous remercier pour votre commentaire. Je suis tout à fait d’accord avec vous concernant la fin de l’histoire. Je pense que les lectrices et les lecteurs auraient aimé en apprendre davantage sur cette famille. Mais peut-être que la journaliste Monica Lepage retournera dans cette maison et y découvrira un élément déterminant qui la poussera à rouvrir l’enquête… Je vais attendre le week-end pour découvrir votre nouveau livre. Au plaisir de vous lire, et à bientôt !
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