Au Cameroun, Jacques Lapierre, chasseur émérite, est une légende vivante. Lors d’un concert, il rencontre Tatiana Ivanovna, pianiste de renom. Une idylle naît, ils se posent enfin et donnent le jour à Natacha. Mais le besoin d’émotions intenses le reprend. De l’Afrique à l’Amazonie, sa quête le mène toujours plus loin… jusqu’à un dernier trophée qu’il n’avait pas prévu de rapporter.
C’était un réel plaisir de voir les doigts si agiles de Natacha danser la gigue sur les touches en ivoire du vieux Steinway. En l’écoutant jouer, de si jolie manière, sa Marche turque, Mozart aurait pleuré de joie. Jouer ainsi dépaysait son âme ; elle quittait la réalité pour s’envoler vagabonder dans le passé, vers les contrées lointaines de son enfance.
Cette façon de jouer, si voluptueuse et enjouée, elle la devait à sa mère. Tatiana Ivanovna avait été autrefois une pianiste renommée, qui avait sillonné les plus grandes salles de concert du monde, charmant les oreilles du gotha, jusqu’à sa rencontre avec Jacques Lapierre. La naissance de Natacha la figea pour toujours.
Dès que Natacha put bouger ses jolis petits doigts, sa mère l’installa devant un piano, et très vite, bon sang ne saurait mentir, elle se révéla douée. Tatiana se plaisait à dire qu’elle avait appris à jouer, avant même de marcher.
Mozart parfumait donc le salon de ses notes emplies de gaieté, et les paysages de l’Afrique de son enfance défilaient maintenant. Nous avons tous de ces ancres du passé qui font ressortir, de la vase de l’inconscient où ils séjournaient, nombre de vieux souvenirs. En l’occurrence, cette fameuse Marche turque lui rappelait son père et son enfance africaine.