Le Chameau errant
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Cette œuvre est protégée par le droit d’auteur (CPI, art. L.111-1)...
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Si vous croisez dans le désert un chameau, regardez-bien, il vous dira que sa vie est compliquée et pénible.
Un jour, un chameau errant dans le désert chantait, bla, bla, bla, mon père, ma mère, mes frères et mes sœurs, oh, oh ! ce serait le bonheur ! Holà ! Bon sang ! Mais il n’y a personne dans le coin ? Moi, ça m’est égal, j’ai l’habitude de la solitude ! Je traîne mes sabots… Mais, sont-ce réellement des sabots ? Non ! Plutôt des sortes de coussins durs greffés au bout de mes pattes. Ils sont laids, mais efficaces, surtout quand il fait chaud, surtout dans le désert, c’est adapté au sable ; c’est pareil pour mon poitrail, j’ai une espèce de galette dure qui m’empêche de tomber quand je dors. La nature est bien faite !
Bon, où en étais-je ? Ah oui, bla, bla, bla ! ce serait le bonheur ! Le bonheur d’être bien accompagné. Accompagné, tu parles ! Je suis le chameau solitaire récemment abandonné pour cause de décès. J’erre dans le désert depuis que cet imbécile de Maure m’avait chargé comme un mulet avec cette saloperie de sel, avant de disparaître à jamais. J’aime le sel ! Je l’aime bien en temps normal, mais là ! Quand même ! Cette espèce de bourricot ! Mon maître, il est mort de soif, tu parles. Un vendeur de sel ! Il voulait me saigner ce taré ! Je me suis cavalé, je ne suis pas fou, moi !
La vitrine lustrée de la boulangerie de la rue Victor Hugo arborait solennellement cette triste nouvelle. Tous les habitués s’arrêtèrent devant la porte close sur le bord du trottoir, lâchant des « oh » surpris. Une vieille, cachée sous un fichu fleuri, (…)
Petit Robert trépignait d’exultation. Sous peu, les derniers rayons du soleil s’effaceraient derrière la ligne sombre de l’horizon, et la nuit étalerait son règne sur la nature et les hommes. Dans ce milieu paysan, on se couchait comme on se levait, au (…)
C’est l’hiver, ici c’est toujours l’hiver... Misérable, lent et dangereux, comme tous les hivers. Des nuages, gris ou noirs qui s’affolent la haut juste avant la nuit et les angoisses qu‘elle fait renaître. Un ciel noir qui s’écrase sur la ville comme pour (…)