Burlesques, provoquants, sans souci d’aucune cohérence, rires et pleurs, tendresse et mélancolie, simples jeux de miroir où se perd le sens, l’amour, la mort, l’ironie, transports et colères, jetés en vrac sur des feuillets épars ; oubliés là, rêvant d’éternité, voici retrouvés au fond d’un tiroir, évoquant des soupirs depuis longtemps éteints quelques vers où des mots fanés ont laissé leur poussière.
Absence.
Mais tu le pleures moins,
l’être chéri,
de l’avoir perdu
que de le voir emporter ce quelque chose
de lui
que tu croyais être à toi.
A-t-elle, dis-moi,
l’absence,
une couleur ? Et laquelle ?
Par un cri déchiré cherche en vain,
sur tes lèvres,
ta bouche au sillage des larmes tiennes
le goût dilué de son nom
enseveli.
De lettres mortes s’écrit le souvenir,
voici ce pourquoi
de la cendre a l’âcre saveur
l’oubli.
Le temps fané n’a pas de couleur,
de même l’absence,
elle est en toi, creusée
profondément,
une béance noire.