Ce récit est le reflet d’un parcours ardu, celui d’Azur. Un homme, qui face aux fractures et aux discours étouffants, aurait pu s’effacer, perdre sa lumière.
Marqué par la douleur du rejet et le poids de l’invisible, il a vacillé puis s’est relevé. Ce n’est pas seulement l’histoire d’Azur. C’est celle de tant d’autres, brisés par l’incompréhension, et pourtant incarnant chaque jour la force de l’authenticité. Leur combat est un cri pour exister, s’aimer et éclairer un monde trop souvent hostile.
Tout a commencé lorsque j’ai réalisé que je suis ce qu’ils ont dit que je serais. Ce point d’arrêt où j’ai vu mon destin se dessiner depuis le primal – chaque coup de pinceau, chaque trait, était la matière première de ma grandeur en devenir. Cette vérité m’a frappé comme un tonnerre au beau milieu de la nuit. Ce n’était pas seulement une révélation, mais un socle brut de ce que je suis, ce que je pourrais embrasser, ou ce que je pourrais renier, au risque de devenir le geôlier de ma propre âme.
Je suis Azur. Beau, mais pas seulement par l’apparence – une beauté qui dérange, fragile et magnétique à la fois. Sensible aux moindres vibrations du monde, et dangereux. Dangereux, non parce que je cherche la violence, mais parce que cette sensibilité exacerbée cache une force brute, prête à surgir quand on menace ce que je suis.
Né de l’amour juvénile de mes parents – mon père, Philippe, à peine 21 ans, et ma mère, Madeleine, 20 ans (je ne parle pas de Marie, évidemment) – j’ai connu un bonheur familial aussi intense qu’éphémère.
J’étais un petit garçon qui pleurait beaucoup. Parfois pour ne rien…ou plutôt pour des choses qui semblaient imperceptibles aux autres. Des chagrins sans nom, des orages intérieurs. Je ressentais le monde juste avec intensité.