Le narrateur rencontre Aurélia à la sortie de Vintimille, tous deux venant d’Italie pour des raisons différentes. De Nice à Paris, elle lui tiendra compagnie, au cours d’une idylle décisive. Traqué par des mafiosi, ils emprunteront l’ancienne route Napoléon. Un troisième personnage, Abel Mariano, père d’une enfant de huit ans, sera réceptionné par eux, à Grenoble. Ils feront route vers Paris. Le destin d’Abel Mariano est de servir de témoin pour être réhabilité contre Eric Sartoman, parrain mafieux dont il fut jadis l’employé. Il sortira libre du procès, mais son sursis sera de courte durée.
A la sortie de Vintimille, dès que j’eus dépassé la frontière italienne vers la France, je l’aperçus qui faisait du stop sur la route de Menton. Elle s’arrêtait, puis se remettait à marcher sur le bord de la chaussée, en levant le pouce légèrement, sans regarder personne. Une impression bizarre me saisit de la voir avancer seule dans la chaleur. Des véhicules passaient… L’un d’eux ralentit, un véhicule rutilant de chromes et décapoté qui se fixa à sa hauteur, avant de repartir. Elle n’avait pas l’air d’une dragueuse. Sa physionomie vue de dos paraissait fine et bien faite. L’impression persista en moi jusqu’à ce que je me sentis sur le point de croire que je la connaissais déjà, au point d’être obligé de la fixer davantage. Sa vue évoquait presque par transparence, la silhouette chère de quelqu’un que j’avais connu, qui avait fait partie de ma vie. Il s’agissait d’une femme à laquelle je ne pensais plus, que le temps m’avait forcé d’oublier, ce qui me rendit perplexe.