Relation d’un stage que fit l’auteur au cours de ses études supérieures, dans une entreprise de travaux publics implantés dans un pays francophone , pendant la dernière année de la colonisation.Il y décrit sa vie d’expatrié et la grande autonomie dont il disposait dans son travail.
Les longs voyages en avion à hélices étaient bien plus éprouvants que le sont devenus les vols sur les avions à réaction actuels. Les moteurs aux cylindres disposés en d’étoile, avaient des échappements terrifiants qui vous crachaient pendant tout le vol de longues flammes sous le nez :
« Mais ce n’est rien, vous répondait la gentille hôtesse qui s’accrochait comme elle pouvait à tout ce qu’elle trouvait sous la main. Ce n’est que la post-combustion qui augmente la puissance des moteurs quand le pilote en a besoin ! »
Les soubresauts incessants qui vous faisaient cogner la tête sur la carlingue, jusqu’à vous étourdir, le bruit effroyable et les vibrations trépidantes qui vous taraudaient le crâne, les escales multiples le long de la côte africaine, où une vapeur de chaudière envahissait la cabine dés l’ouverture des portes, tandis que des indigènes consciencieux vous vaporisaient du Fly-tox dans les yeux, la durée insupportable du trajet, puis le re-décollage en catastrophe, car une tornade était annoncée, tout cela formait un tout indissociable, dont on se souvient à jamais.