Romain s’enfonce peu à peu dans la dépression en assistant impuissant à la lente déchéance de sa mère. Son seul soutien, il le trouve auprès de Carole, sa tante qui lui voue une affection protectrice. Elle mettra toutes ses forces pour l’aider à résister et à se construire un avenir. C’est à Londres que son chemin croise celui de Gillian. Débute alors une relation amoureuse renforcée par une sensibilité partagée.
Une place toute particulière est accordée à l’entourage féminin du personnage principal. Elisabeth qui, derrière un comportement froid, se révèle être une amie attentive. Gillian la compagne blessée qui est partagée entre offrir une main secourable à Romain et l’oublier.
Quelques troncs rachitiques bordaient de vastes enclos recouverts de broussailles laissant entrevoir la façade éventrée d’un vaste bâtiment, dernier vestige d’un passé industriel disparu. La route se prolongeait par une pente assez raide qui débouchait sur un replat. De là on percevait une clameur mêlée de cris et de rires qui parvenait à percer la muraille de béton gris.
Une nappe de brume laiteuse précédant les flocons masquait l’entrée principale du bâtiment qu’il contourna discrètement par le portillon réservé d’ordinaire aux enseignants. Il redoutait le moment où il allait se retrouver face aux élèves de sa classe d’anglais. Il était dévoré par son incapacité à faire régner un minimum de silence pendant les cours. Pour doper leur motivation, il proposait l’étude de textes moins austères que ceux contenus dans leurs manuels. Malgré ses efforts, il ne parvenait pas, à son grand regret, à susciter un minimum d’intérêt. Il en ressentait une profonde frustration, un sentiment d’échec, même si au fond de lui, il trouvait ses élèves sympathiques et parfois malheureux.
Une voix stridente le rappela soudain à la réalité : » Alors Romain, tu te caches ! »
Il se résolut à aller saluer le groupe de collègues dont les regards interrogateurs étaient tournés vers lui. Il remarqua l’absence de Fabienne et pensa qu’elle avait dû rencontrer des difficultés de circulation pour parcourir les quelques deux cents kilomètres qui la séparait de sa Moselle natale.