Désert du Nevada, USA, 2800 mètres, atmosphère terrestre
Quand la poignée d’ouverture de son parachute se bloqua, Didier poussa un petit cri de chaton et se mit à mouiller son pantalon en acrylique - cinq $ de caution ! fumiers de ricains ! - tout en fixant le sol se rapprochant à plus de 300 km/h. Autant dire que ses Nike à coussins d’air n’allaient pas réussir à le faire rebondir un peu plus loin.
Le vent fouettait ses joues avec violence et l’étouffait. Un brusque courant d’air le fit tournoyer comme une toupie et son estomac se souleva.
Je reprendrais bien un peu de pancakes pour finir ma moutarde !
Une nausée dantesque le prit et les restes de son copieux déjeuner à demi-digéré s’envolèrent aux quatre vents, traçant dans le ciel quelques belles arabesques du plus bel effet abstrait. Une œuvre vivante et éphémère, pensa-t-il brièvement. Après quelques distorsions, il réussit à se stabiliser en position verticale, dans l’attente du choc fatal.
Ses hurlements étaient vains, perdus dans les airs tels des postillons d’éternuements lors d’un tour de grand huit. Il pensa à tous ces survivants de la mort qui avaient déclaré avoir vu leur vie défiler devant leurs yeux en quelques secondes. Ce ne fut pas son cas. Il pensa à ses beaux-parents et à sa femme. Merci la petite famille pour le voyage hautes-sensations, on s’en souviendra de celui-là, dommage qu’on n’ait pas filmé !
Pourquoi avait-il accepté ce cadeau à la con ? Après la descente...
17 février 2007, par Denis "G." Cuart
Génialissime !!! J’ai adoré comment vous reprenez les rumeurs colportées pour en faire une nouvelle aussi bonne... Seul bémol, pour ceux qui ne connaissent pas cette époque : QUI EST CET AMI ????
4 étoiles !