Mais qu’est-ce que la galéjade ?
Notre grand écrivain Jean Aicard écrit dans son livre « Le rire de Maurin des Maures » :
« Elle est plus facile à peindre qu’à bien définir, la Provence joyeuse.
Qu’est-ce qui la fait le plus rire, d’un rire qui n’est qu’à elle ? C’est la galéjade.
C’est une certaine gouaillerie, très artiste, très imagée, une plaisanterie qui a l’aspect d’une bêtise énorme, mais qui, çà et là, se hérisse de fines malices, pas toujours visibles.
Vous ne les voyez pas d’abord ? C’est très amusant. Vous les apercevez enfin tout à coup ? C’est encore plus drôle.
Quand elle est bien topique, la galéjade n’est comparable ni à un trait d’humour ni à une gauloiserie, l’une étant à fonds de spleen ; l’autre à fonds de grossièreté. Elle peut être salée, et fortement, mais de quels jolis cristaux ! Autant de prismes que de grains de sel !
Où donc est l’esprit essentiel de cette drôlerie ? Partout et nulle part, comme une atmosphère.
La galéjade est une mise en action, en gestes, en images et en mouvement, d’une idée, d’un mot, le tout démesurément grossi. C’est « du théâtre » au premier chef…
… La galéjade, c’est de la critique aimable, amicale, l’ironie généreuse et caressante. »
« … Les provençaux sont très hospitaliers, mais ils ne souffrent qu’on les gouaille, que si on a l’accent du terroir ; on ne peut galéjer qu’avec l’accent. Tout le reste est blague méprisable. La galéjade doit sentir son fruit comme la figue fleur sent le bois même de la figuière… »