Les adolescents, Petit-Jean et Louis, dans le plaisir innocent qui les habitait maintenant au pied de la chute Montmorency au début de l’été 1665, ne connaissaient pas leurs destins, lesquels seraient moins glorieux, mais tout aussi dramatiques que celui de leur idole de vingt ans. Ils avaient en commun une affection pour l’eau. Petit-Jean aimait se rendre souvent dans les cascades de la rivière Petit-Pré ; il était fasciné par la puissance de l’eau actionnant le moulin seigneurial. Aussi, lorsque Louis lui fit découvrir la grande chute, il en fut émerveillé et quémandait souvent à ses parents la permission de faire le trajet en canot, comme aujourd’hui, ou à pied, pour venir s’y amuser avec son ami.