8 h 50
La caméra une cadra la présentatrice.
— Bonjour, dit-elle en prenant une mine grave. Le tirage au sort va avoir lieu dans dix minutes. En attendant, une page de pub.
La présentatrice disparut derrière le logo publicitaire.
8 h 59.
Taylor joua des coudes pour se frayer un chemin dans la foule dense. Toutes ces personnes agglutinées devant la baie vitrée de l’agence nationale pour l’emploi à attendre leur sort. Taylor était d’un bon gabarit et n’avait aucune peine à s’installer aux premières loges. La baie vitrée s’était teintée et servait à présent d’écran. Pour l’instant, des pubs débitaient leurs slogans utopistes. Taylor ne prit pas la peine de les regarder. Il attendait, comme tout le monde ici, le tirage de la mort. Il portait un vêtement de travail gris foncé. Sur son crâne, une casquette bleu foncé avait le blason de l’infanterie rivée par deux attaches. Il n’avait pas été un membre des unités spéciales. Juste un troufion qui avait voulu faire son devoir.
23 mars 2010, par Jean-Michel
Bonne histoire, qui m’a fait pensé au Running man de Stephen King. A Lille. Le rythme est soutenu, le style maitrisé, un bon moment de lecture. En plus cela fait réfléchir sur l’invasion des medias dans notre vie. C’est beaucoup répété autour de nous, mais c’est une manière un peu plus créative de le démontrer. Bravo !
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