Ah elle a bon dos la crise de la quarantaine ! Pour peu que vous envoyez votre supérieur ou patron sur les roses et que par malheur vous flirtez avec l’âge du milieu de vie, le verdict est implacable ! Le diagnostic est définitivement posé ! Vous êtes victime de la crise de la quarantaine !
La quarantaine n’est pas une crise. Elle est point d’équilibre, de réajustement. Ce n’est pas votre attitude qui pose problème mais la bêtise abyssale et congénitale de votre supérieur. Est-ce de votre responsabilité si vous la supportez depuis trop longtemps et que vous criez enfin haro !
Ah elle a bon dos la crise de la quarantaine ! Pourtant, à cet âge qui génère introspection et interrogations face à son existence, cette période transitoire, où tout peut être objet d’incertitudes ou d’insatisfactions, est en premier lieu moment de vérité. C’est l’heure du bilan intermédiaire. Dois-je poursuivre le chemin sur les mêmes principes en subissant les mêmes contraintes ? Dois-je au contraire redéfinir mes priorités de vie et remettre en cause le champ de mes différentes entraves ?
Voici la première nouvelle d’une trilogie nommée « la quarantaine bordel ! ». Chacune conte les péripéties d’un homme confronté à son destin à ce moment de l’existence qualifiée de « pleine force de l’âge », juste avant que celle-ci ne commence à faner…
Le premier volet du triptyque s’intitule « Roman ou réalité ». Il conte les pérégrinations d’un modeste comptable se rêvant écrivain, l’écriture lui ouvrant cette fois des perspectives insoupçonnées.
Le second, « Ce père inconnu qui m’aimait » raconte l’histoire d’un d’homme qui peut enfin accéder, à cet âge charnière, au secret de sa naissance.
Enfin « L’homme aux étoiles dans les yeux » clôturera ce recueil. Il narre la prise de conscience d’un auteur à succès alors qu’il achève son dernier roman. Il se voit, suite à un appel téléphonique, dans l’incapacité d’apposer le point final à son récit. Il n’aura d’autre choix que de faire le point sur sa propre vie avant d’y arriver... Drame, parodie, farce… Être, paraître, posture, imposture… tout se bousculera dans sa tête.
Il est des romans aisés à écrire, difficiles à conclure. Arnaud B est bien placé pour le savoir. Campé dans son fauteuil, il attend, en panne, la verve créatrice ; celle qui jusqu’à ces derniers jours avait conduit sa plume à crisser avec sagacité et désinvolture sur le papier jauni par l’attente. C’est une image bien sur. L’écrivain maîtrise parfaitement l’informatique. Le sentiment reste cependant immuable et aucune innovation technique ne fera disparaître la leucosélophobie, nom médical et scientifique de cette peur terrifiante de la page blanche.
Qui sait ce qui l’empêche d’achever en quelques mots ce qui devrait constituer le point d’orgue de ce livre, ce qui le bloque pour apposer le point final en bas de cette ultime page ? Qui sait quels sentiments habitent les auteurs lorsqu’ils voient, malgré leur toute puissance, la destinée de leurs protagonistes leur échapper.
Son canevas était bien en place. La fin lui apparaissait avec limpidité. Ses personnages et leurs interactions bien définis mais rien ne s’est passé comme prévu. Tout a dérapé et tous ont pris leur indépendance tant dans leurs actions que dans leur caractère initial...