— Ah ! Ah ! Comme ça, tu aimerais connaître mes secrets ?
— Hum ! J’en meurs d’envie…
— Tout savoir ! Et cette part de mystère qui m’entoure et attise ta curiosité, veux-tu vraiment la faire disparaître ?
— Elle subsistera, j’en suis sûr… Tu omettras probablement de tout me raconter !
— Omettre ? Oublier, je préfère !
— Ou auras-tu transformé la vérité ?…
— Me crois-tu capable de te mentir ?
— Tu me fais rire !...
— Ris donc…
— Le Cercle de la Vie Radieuse… Cela t’évoque-t-il quelque chose ?
— Non, de quoi s’agit-il ?
— Tu vas le savoir… L’histoire se déroule un an avant de te rencontrer.
— Ah… J’ai un souhait : bien que ce récit nous emmène dans le passé, j’aimerais te le raconter en utilisant le présent, ce sera plus vivant. Y vois-tu un inconvénient ?
— Absolument pas… Je suis tout ouïe…
* * *
« Pour la première fois de ma vie, bien involontairement, je suis témoin d’une scène incroyable. Comme chaque jour, j’ai quitté mon appartement vers neuf heures et me dirige vers l’arrêt de bus, le 103, pour rejoindre mon bureau. Le soleil brille et la journée s’annonce chaude. Je descends donc la rue Michel sans me presser quand, passant devant une petite maison en meulière et au jardin bien entretenu, j’entends un cri strident. Une voix de femme vocifère un « Non ! » effrayant. Un de ces hurlements dont l’ampleur traduit la terreur de son auteur. Immédiatement, je stoppe ma marche et observe la demeure d’où provient la clameur. Je ne vois rien.
Que dois-je faire ? Pénétrer dans le jardin ? Dans la maison ? Courir prévenir la marée-chaussée ? Ameuter le quartier ? Un nouveau cri interrompt mes interrogations. Plus fort et plus long, atroce. Terrorisée, je regarde autour de moi, espérant la venue d’un passant courageux susceptible d’apporter son aide. Personne. Je reprends mes esprits, me précipite vers la maison voisine et frappe à la porte désespérément. Ses occupants sont apparemment absents. C’est la même chose à la maison suivante.