– Montez Professeur ! Montez !
– Diantre ! Comme vous y allez !
– D’habitude c’est compliqué mais là, avec l’Armada, c’est du délire !
– C’est bon pour moi !
– Alors on est parti ! Le voyage s’est bien passé ?
– Vous savez Janus, en première classe c’est nettement moins compliqué.
– C’est un peu la logique du truc.
– C’est ça. Mais, dites-moi, qu’avez-vous fait de votre saxo ?
– Encore une malheureuse victime sacrifiée sur l’autel de ladite écologie. Des résultats qui sortent des normes de notre si chère europe, d’incontournables restaurations dues à de longues années de bons et loyaux services, une facture qui dépasse largement sa cote, et ce sans compter sur le crit’air, véritable couperet aux mains d’une technocratie toujours plus imprévisible et exigeante. Et pourtant, à en croire le “en même temps”, il faudrait faire durer pour préserver les ressources : De qui se moque-t-on ? Je ne pouvais pas me résoudre à la casse, alors on trouve un débrouillard qui, lui, passe bien rapidement et allègrement ces mêmes technos ! Allez comprendre !
– C’est un changement civilisationnel mon cher Janus, les trente glorieuses sont bel et bien mortes et enterrées, ce troisième millénaire pose ses jalons qui, cette fois, ne sont pas vraiment favorables au modeste.
– C’est bien ce que j’avais cru comprendre.
– C’est ainsi.
– Vous savez Professeur, tant qu’on lutte on n’est pas mort.
Peut être le moment est il venu en cette veille de demi- siècle de me présenter moins laconiquement à ceux qui ont eu la gentillesse de me lire, ne serait ce que quelques lignes. Mon histoire n’a rien à envier à celle de mes congénères, si peu digne d’un quelconque intérêt. Issu d’une famille...
La nuit était venue, l’obscurité cachait les derniers arbres de la forêt. Hiliad marchait à travers bois en s’enfonçant de plus en plus loin et plus profondément dans cette immensité noire et perdue.
Il marchait péniblement sur une terre gelée. La neige (…)