Un amour de SMAT
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Toute reproduction ou diffusion hors du site Edition999.info sans autorisation écrite de l’auteur est interdite.
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Cette œuvre est protégée par le droit d’auteur (CPI, art. L.111-1)...
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Un amour de SMAT suit le destin de Smat, jeune intellectuel tunisien brillant, qui quitte son pays pour poursuivre ses études en France. Mais derrière les parcours académiques et les concours réussis, c’est une quête plus intime qui se joue : celle d’un amour ancien, resté intact malgré les distances et les années. Entre digressions philosophiques, scènes lyriques et retours en arrière, le roman explore les thèmes de l’attente, du destin, de l’espoir et de la dignité dans l’épreuve. La narration, ample et foisonnante, mêle souffle épique et délicatesse poétique, offrant au lecteur une fresque humaine où l’amour devient l’axe autour duquel tourne toute une existence.
Le soleil du printemps baignait doucement Gafsa d’une lumière chaude, presque caressante. Les premières heures du matin tissaient une atmosphère où la poussière rouge des ruelles semblait s’envoler au rythme lent des premières brises. Ma ville natale s’éveillait dans un murmure discret : le chant lointain d’un muezzin, le claquement des portes en bois, les éclats de voix familières mêlés aux parfums âcres du marché déjà vivant.
Je restais immobile sur le seuil de la maison familiale, un modeste pavillon aux murs blanchis à la chaux, aux volets en bois bleu délavé, usés par le soleil et les vents du désert. La maison semblait retenir son souffle, comme consciente que ce matin-là, je ne reviendrais pas avant longtemps.
Autour de moi, les objets s’animaient dans ma mémoire : la chaise bancale sur laquelle je m’étais assis des milliers de fois, le tapis rugueux déroulé devant la porte, les portraits fanés accrochés au mur — surtout celui de mon grand-père, fier, moustachu, aux yeux d’acier. Tous ces détails, ancrés dans la réalité et dans mes souvenirs, composaient le décor immuable de mon enfance.
Mon père s’approcha, ses pas lourds résonnant sur la pierre usée. Ses yeux verts brillaient d’une lueur intense, mêlant fierté et tristesse. Il me prit la main, la serrant avec une force qui transmettait plus que des mots.
« Tu pars pour Tunis, mon fils. N’oublie pas que la connaissance est une arme, un refuge. Porte le nom de la famille avec honneur. » Sa voix, grave et douce à la fois, vibrait d’émotion contenue.
Maman, dans l’ombre de la cuisine, essuyait discrètement ses yeux humides, tandis que mes frères s’agitaient, nerveux, entre impatience et mélancolie. Le poids des adieux s’installa dans la pièce, dense, palpable.
Diego et Sevan se connaissent depuis la maternelle. Le hasard a fait que les deux petits gars se sont suivis tout au long de leur parcours scolaire et leur amour respectif
Il arrive souvent que l’on se trompe sur les individus. Les gens sont rarement conformes à l’idée que l’on se fait d’eux car derrière l’apparence, il y a toujours le moi indéfinissable.
Autant le reconnaître tout de suite, ces histoires ont été écrites entre mes vingt et vingt-cinq ans, c’est-à-dire, hélas, il y a bien longtemps. Certains décalages avec notre époque s’expliquent mieux ainsi. Elles intéresseront des (…)