On peut aimer Dieu et être quand même enchaîné.
Espoir Du-Vent n’avait rien : pas de père, pas de repères, seulement un vide immense que ni l’alcool, ni le vol, ni les conquêtes éphémères ne parvenaient à combler. Même après sa rencontre avec la foi, l’ombre des addictions sexuelles et de l’infidélité a continué de le traquer, créant un contraste violent entre son image de "chrétien modèle" et la réalité de ses rechutes.
Il aura fallu le choc d’un deuil dévastateur en 2024 pour que les masques tombent enfin.
Ce livre est le récit brut et sans détour d’un homme qui a décidé de cesser de fuir. Des quartiers populaires aux solitudes des forêts de Tchibanga, découvrez un parcours de restauration radicale. Ce n’est pas une histoire de perfection, c’est l’histoire d’une survie.
« Le péché vous brise. Dieu vous reconstruit. Toujours plus fort qu’avant. », affirme P-M O’BOUK
Je me souviens encore de ce vide. Un vide qu’on ne voit pas avec les yeux, mais qu’on ressent profondément dans le cœur.
À l’âge de 7 ans, ma vie a basculé. Ma mère m’a confié à sa sœur. Ce jour-là, sans vraiment comprendre, j’ai senti qu’on m’arrachait quelque chose d’essentiel. Ce n’était pas seulement un changement de maison, c’était comme si on m’avait retiré une partie de mon identité.
Très tôt, j’ai compris que ma vie ne serait plus comme celle des autres enfants. Là où certains recevaient de l’amour, moi, je ressentais le manque. Là où certains vivaient la tendresse, moi, je vivais la différence.
Et comme si cela ne suffisait pas, mon père était absent pendant seize ans de ma vie. Je n’avais ni son contact, ni une photo, ni même une présence à laquelle me raccrocher. Rien.
Je regardais les autres enfants. Je les voyais recevoir ce que moi je n’avais jamais eu : de l’attention, de l’amour, de la tendresse. Et au fond de moi, une question revenait sans cesse :
Pourquoi pas moi ?
Ce manque a laissé une trace, une blessure silencieuse, une frustration qui grandissait avec le temps. Je ne demandais pas grand-chose : juste être aimé, juste être considéré, juste être un enfant comme les autres. Mais quand le cœur est vide, il cherche toujours à se remplir, peu importe le chemin. Sans le savoir, j’étais déjà en train de m’engager sur une voie dangereuse.
En 2007, j’étais en classe de deuxième année primaire. Pendant que certains avançaient, moi, j’étais confronté à une réalité brutale : l’absence. Je m’éloignais de l’école, je faisais l’école buissonnière. Bien que souffrant de tous ces complexes, j’étais quand même un enfant respectueux et apprécié de beaucoup de personnes — comme quoi les difficultés ne nous rendent pas forcément impoli. J’ai cherché à trouver ma propre voie, mais hélas, le procédé n’était pas le bon. Chaque fois, j’étais mêlé à des problèmes de vol.