En apparence, c’est une histoire simple : un homme revient, quinze ans après son départ, dans la petite ville méditerranéenne où il a grandi. Il y retrouve son père, ses amis d’enfance, la mer… et Lucia, celle qu’il n’avait jamais vraiment réussi à approcher.
C’est une histoire de retrouvailles, d’amitié et d’amour, baignée de soleil, avec l’envie de faire sourire autant que d’émouvoir.
Mais derrière cette légèreté se dessine peu à peu une autre exploration : celle des liens qui nous construisent, des blessures familiales que l’on transporte avec soi et de cette étrange difficulté que nous avons parfois à accepter le bonheur lorsqu’il se présente enfin.
La plongée sous-marine accompagne cette exploration. Descendre sous la surface, affronter la profondeur, apprendre à respirer et remonter autrement deviennent autant d’échos au chemin intérieur de Luca.
Ces thèmes restent volontairement traités avec légèreté, humour et simplicité. Je voulais écrire un roman accessible, qui puisse se lire pour son histoire, ses personnages et son atmosphère méditerranéenne, tout en laissant au lecteur qui le souhaite quelques réflexions à ramener avec lui une fois le livre refermé.
Je me souviens très bien de ce lieu que je vais enfin retrouver.
Les rues pavées, d’abord, étroites et sinueuses, qui semblent avoir été tracées au hasard des siècles. Les murs teintés de jaune apaisant, d’ocre profond et d’orange éclatant, comme si les hommes avaient emprunté leurs couleurs aux fleurs qui se dressent fièrement le long des chemins. Elles débordent des jardins, escaladent les façades, s’échappent des balcons où les anciens boivent leur café jusqu’en fin d’après-midi, assis sur des chaises qu’ils occupent depuis toujours. Ils discutent peu, observent beaucoup et saluent les passants d’un geste de la main.
Ici, personne ne semble véritablement pressé.
C’est une ville de Méditerranée où le soleil a décidé de s’installer et de ne s’absenter que brièvement, lorsque la terre, assoiffée, réclame un peu de pluie. Même alors, il ne part jamais bien loin. Il attend derrière les nuages et revient aussitôt son devoir accompli.
La nature et les constructions humaines s’entendent à merveille. Elles ne se disputent pas le paysage, elles se le partagent. Les maisons de pierre épousent les collines, les chemins contournent les rochers et les arbres poussent là où on leur a laissé une place. Depuis sa fenêtre, on contemple la mer bleue ; depuis la mer, on admire les maisons chaleureuses qui s’étagent sur les hauteurs. Chacune embellit l’autre et il devient difficile de savoir si ce sont les hommes qui ont bâti leur ville autour de la nature ou si la nature, généreuse, avait préparé cet endroit pour eux.
Elle a d’ailleurs particulièrement bien fait les choses.
La côte se replie sur elle-même pour former une anse presque parfaite, un refuge naturel que les anciens n’ont eu qu’à compléter de quelques quais pour y bâtir un petit port de pêche à l’abri des vagues. Les barques y tanguent doucement, attachées les unes aux autres, et leurs coques colorées se reflètent dans une eau que le soleil fait scintiller.