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L’envol

Sophie Olivier (Auteur)

Nombre de pages en A4 : 25

Version publiée le 22 septembre 2023

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Thème : Littérature

La quatrième de couverture

Alice est en terminale. Ses parents sont divorcés. Elle vit chez sa mère, Christine. Son père, Jean, est remarié. Alors qu’elle rentre de vacances, Alice retrouve l’appartement à moitié vide avec une note de Christine : « Je suis partie ». La vie d’Alice est chamboulée. Jean la contraint à venir vivre chez lui avec sa famille recomposée. La cohabitation est difficile. Un jour, Alice fait la connaissance d’un homme plus âgé qu’elle, Thomas. Il est divorcé et père d’une petite fille. Entre eux se noue une relation spéciale. Quelque temps après, l’arrivée de Laurent, un étudiant, bouleverse la vie d’Alice. Parallèlement, la jeune femme tente de se rapprocher de sa mère. Mais elle n’est pas au bout de ses surprises.

La première page

Alice, bronzée, pénètre dans son appartement. Elle pose sa valise dans l’entrée et remarque l’absence d’un petit tapis persan et d’une lithographie. Moment d’hésitation. Ses yeux sont attirés par un morceau de papier posé sur la console. Elle s’approche et lit. « Je suis partie ». Un léger étourdissement la saisit. Elle se frotte les yeux et relit la note. Non, elle ne rêve pas, sa mère, Christine, est bel et bien partie, elle a mis les voiles, pris la poudre d’escampette. Leur vie à deux – mère et fille – c’est fini, terminé, Alice, à présent majeure, doit se débrouiller sans elle. Elle reste immobile, le souffle court, luttant contre l’abîme qui semble s’ouvrir à ses pieds. Sa vie est bouleversée. Que va-t-elle devenir ? Ses vacances d’été avec sa meilleure amie, Pauline, semblent soudain bien loin. Ça ne fait aucun doute dans l’esprit d’Alice ; sa mère s’est barrée avec David, son nouveau compagnon, ce jeune étalon qui lui fait tourner la tête depuis plusieurs mois. Elle l’avait senti venir ce mauvais coup, mais elle n’avait pas vraiment voulu y croire. Elle est depuis longtemps habituée aux escapades amoureuses de sa mère. Jusqu’à présent, Christine réapparaissait toujours. Cette fois, manifestement, les choses sont différentes. Roméo s’approche en poussant un miaulement rauque. Salut vieux pépère. Alice lui jette un regard inquiet. Depuis combien de temps est-il seul ? Elle file à la cuisine. Il lui reste un fond d’eau et quelques croquettes. Elle remplit son bol d’eau fraîche et lui sert à manger. Il se frotte contre ses jambes, la gratifiant de quelques poils roux sur son pantalon noir. Alice part en direction de la chambre de sa mère. Vide. Plus de lit, plus d’armoire, plus de commode. Il ne reste rien. Seul un calendrier de l’année en cours – 1989 – traîne par terre. Alice a les jambes qui flageolent. Elle s’appuie contre un mur et se laisse glisser jusqu’au sol. Le téléphone sonne. Elle sursaute. C’est Pauline. Alice lui annonce la nouvelle. Pauline est embarrassée, son flot habituel de paroles s’est tari :
 Tu veux venir dormir à la maison ce soir ? propose-t-elle.
 Je sais pas, je dois appeler mon père.
 Tiens-moi au courant.
Alice raccroche. Comme c’est bon d’avoir une amie. Elle se sent bien chez Pauline, ses parents forment un couple uni, solide. Jamais aucune dispute. C’est chez eux qu’elle trouve refuge lorsqu’elle cherche un peu de chaleur familiale. Elle respire un bon coup et décroche à nouveau le combiné pour appeler son père.
 Partie ? Comment ça ? Quand ? Pour aller où ?
Alice prend un air faussement détaché :
 Probablement chez son copain, David.
Silence à l’autre bout de la ligne. Jean et Christine sont divorcés depuis de nombreuses années et ne communiquent qu’en cas d’absolue nécessité. Vingt minutes plus tard, il arrive à l’appartement. Après un bref moment d’hésitation, il prend maladroitement sa fille dans ses bras. Ne pas pleurer ! Ne pas pleurer ! s’ordonne Alice. Merde ! je pleure comme un bébé... Dans les bras de son père, elle se sent comme une petite fille. Elle n’a pas pleuré depuis longtemps. Pleurer c’est pour les faibles, les mauviettes. Il faut être fort dans la vie, seuls les forts ont leur place dans ce monde. Les faibles sont ignorés, écartés, dénigrés. Ils n’ont aucune place dans la société. Elle se sent tellement faible, pourtant. Elle a tellement besoin du soutien de son père à cet instant précis. Assis sur le canapé du salon, Jean tient entre ses mains le mot laissé par son ex-femme.
 Incroyable..., marmonne-t-il les yeux rivés sur le morceau de papier.
Il cherche à comprendre.
 Est-ce que vous vous êtes disputées dernièrement ?
 Pas plus que d’habitude. Maman ne supporte rien, déclare Alice le ton glacial. Elle ne me supporte pas. Avec David c’est différent ; elle est aux petits soins.

  

Biographie de Sophie Olivier

Je suis une ancienne parisienne qui a eu un parcours banal ; études universitaires avant de me lancer dans le monde du travail. J’ai tout plaqué à 28 ans pour suivre mon conjoint à l’étranger. Je me suis investie dans le bénévolat (protection animale, soutien scolaire, accompagnement d’enfants...

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