Contre l’Artificiel, c’est être contre
les hommes usant du progrès
dans le but de nous asservir.
Nous avons rapidement oublié que durant
un certain mois de juin, l’un d’entre eux
avait forcé ses semblables à offrir leurs veines créatrices à la bête immonde.
Alors, luttons, quelqu’en soit le coût même
si celui à payer ressemble à la solitude.
Il y a plus d’une vingtaine d’années,
une poignée offrait au monde une évolution
qui permit l’essor d’une nouvelle ère apportant avec elle, ses victoires
et ses défaites.
L’ère du numérique et par celle-ci :
l’ère de la culture pour tous.
Dès lors, l’accessibilité devint sans limite, mais les hommes toujours dépassés par
leurs progénitures, ne parvinrent à corriger les effets néfastes de ce nouvel horizon.
Ils finirent par la dépecer en la vendant
au plus offrant, pour une poignée de sous, pour l’innocence de leurs enfants.
Ce qui aurait dû nous rapprocher
de la liberté, nous a replongés
dans le précipice de la servitude.
Alors, à présent, que nous reste-t-il ?
Il nous reste les mots.
Ils ont le pouvoir des branches du peuplier résistant face à la tempête.
Celui de la verveine offerte par nos parents
afin d’essuyer nos chagrins d’enfance.
La seule liberté qui ne pourra nous être enlevée est celle que nous aurons atteinte
par la poésie des mots.
Restons maîtres et maîtresses de notre plume, taillons-la en infiltrant les bibliothèques,
les librairies jusqu’aux greniers de nos aïeuls.
En se rassemblant et en prenant le temps d’y créer notre liberté.