Fiction surréalisante qui traîte avec humour des thèmes et des personnages appartenant à la Matière de Bretagne : le roy Arthus, Gauvain, Perceval, Lancelot, le Graal, les fées, etc. Dans un style littéraire à mi-chemin entre Raymond Roussel et Jean Cocteau, le récit adopte une structure cyclique basée sur les leitmotive conceptuels, sous l’influence de Marcel Duchamp et de Marcel Proust. Le lecteur est invité à relire plusieurs fois ce texte court pour en tirer toute sa substance initiatique et goûter la joie partagée de participer du même Ordre Invisible de la Chevalerie Gaie.
Il était une fois un château charmé. Il attirait les voyageurs, car il était enchanté. Il n’existait pas vraiment. Il apparaissait et puis il disparaissait. On pouvait y dormir, et même y manger. Mais au matin on le retrouvait vide. Personne. On avait rêvé. Souvent on se demandait : « Mais où est donc le château des fées ? »
Ceux qui le savaient ne voulaient pas le dire. C’était dans l’arrière-pays de Marseille, entre Sainte-Baume et Les Baux. Dans des forêts où seuls les aventuriers s’aventuraient.
Non loin du château fada il y avait une colline. On l’appelait, par dérision, le Mont Ida. Elle sentait mauvais. Ceux qui, allant au hasard, s’en approchaient, s’en éloignaient encore plus vite. C’est pour cela qu’on l’appelait le Mont Ida : parce qu’on en revenait. Les revenants néanmoins n’oubliaient jamais l’odeur fétide de cette colline, anodine vue de loin. Mais qui est normal, vu de prés ?