À 7 h 22, chaque matin, un goéland vient se poser sur le rebord d’une fenêtre. Là, un homme l’attend impatiemment, et l’accueille avec des croquettes pour chat et sa bienveillance.
Un jour, ce rituel dérape, et l’oiseau offre à son hôte un cadeau aussi merveilleux qu’inattendu.
Une fable légère et lumineuse qui vous donnera des ailes…
Après avoir fait sa toilette sur une chaise de la salle à manger, le chat repu a posé délicatement sa tête sur le bout de sa queue puis s’est endormi. Debout près de la fenêtre, je sirote mon café en scrutant l’horizon.
Le printemps s’empare du monde. Chaque jour, la verdure grignote à coups de feuilles, le bleu du ciel ainsi que la côte, au loin. Le littoral a presque disparu du panorama. Ne restent à présent qu’un minuscule bout de mer et quelques toits perdus.
Le goéland de 7 h 22 est pile-poil à l’heure. Sur les derniers mètres, comme à l’accoutumée, il se freine dans un retentissant bruissement d’ailes avant de se poser majestueusement sur le rebord de la fenêtre. Heureux, j’ouvre les vitres, le salue et le gratifie d’un : « Ça va, toi ? T’as bien dormi ? » auquel il me répond par son classique : « Pa ! Pa ! Pa ! » que j’interprète ce jour-là par un : « Oui, merci et toi ? ».
J’aime ce rendez-vous matutinal. Cela fait bien longtemps que tous deux nous nous fréquentons. Il n’a plus peur de moi. Pendant qu’il picore les croquettes du chat, déposées dans une assiette, je lui fais la conversation comme à un vieil ami de retour d’un lointain et long voyage, le questionnant sur tous les endroits qu’il a visités de par le monde.