Au XVIe siècle, Sara, petite dernière d’une fratrie peu accueillante de la bourgeoisie occitane, est malmenée par ces deux frères jumeaux qui envient ses capacités d’apprentissage. Jusqu’au jour où cette rivalité toxique encouragée par la mère, va se transformer en haine fratricide à la faveur d’un drame survenu au cours de la formation militaire effectuée par le binôme infernal. Qui aura le dernier mot dans cette spirale diabolique sur fond de Renaissance où la conduite des femmes est sous la domination des hommes et où leurs droits acquis au Moyen-Age ont été perdus ?
Il y avait quelque chose dans l’air, quelque chose d’indéfinissable en gestation, de subtil qui planait au-dessus de cette famille comme si la foudre allait s’abattre. On ne savait pas quand, dans les mois ou les années à venir. Le drame ou plutôt la succession de drames était déjà inscrite dans la toile invisible de la destinée et se répandait déjà en odeur suspecte dans l’atmosphère lourde de la maison. C’était le sombre privilège des fratries où la fraternité a engendré une anomalie de fonctionnement. Un déséquilibre s’était comme coagulé, structuré dans toute son horreur, entre une petite sœur et ses deux frères jumeaux qui ne faisaient plus qu’un seul corps.
En l’an 1550, sous le règne d’Henri II, Pierre Subra, converti depuis son union avec Marie Lacroix, occupait le poste de prévôt du comté de Foix. Après la révolte de Guyenne en rapport avec l’impôt sur le sel dont les privilèges des provinces avaient été restreints, Henri II impressionné, décida de mettre en place les premières démarches pour les lieutenants généraux de province acquièrent une culture juridique et financière. Dès lors, Pierre occupait un poste d’intendant juridique et financier.
Son épouse, issue d’une famille de la noblesse occitane le secondait à sa demande, dans ses affaires. Il était à la tête d’un modeste domaine à la Porte de l’Agasse à Pamiers, constitué d’une bâtisse à trois étages. Chacun des membres du foyer possédant environ trois pièces. De l’autre côté de la venelle, les Subra étaient propriétaires d’une grange qui abritait trois juments.