Thème :
Littérature Erotique
La quatrième de couverture
Tous les garçons de 19 ans y passent : le service militaire obligatoire. Deux ans de discipline implacable, d’épreuves sans fin. Deux années dans une caserne coupée du monde, où les garçons se confrontent non seulement à la brutalité de l’armée, mais aussi à une intimité inattendue et troublante.
Le premier tome racontait l’arrivée de 12 garçons dans l’unité 604 et leurs 15 premiers jours sous la férule impitoyable du sergent Moreau. Le second volet explorait les relations complexes et intenses au sein de l’unité 606, chambrée voisine, et mettait en lumière Malo, un garçon luttant contre ses désirs profonds dans un univers où les règles de l’armée ne laissent aucune place à l’amour ou à la sensualité.
Ce troisième tome suit les garçons de la 604 au fil des 15 jours suivants. L’événement tragique survenu à la fin du tome 2 bouleversera le cours de leur service.
Les liens se resserrent, les corps s’effleurent, l’angoisse et la résilience des âmes se mêlent. Chaque jour devient une épreuve de plus à surmonter. Entre sens du devoir, affinités inattendues et démons intérieurs, ces jeunes hommes devront affronter non seulement la brutalité du système, mais aussi l’éveil des désirs qui les consument.
AVERTISSEMENT : des scènes ou des propos peuvent heurter la sensibilité des lecteurs
La première page
Les sifflets éclatèrent à 4h30, stridents, déchirant le silence comme des lames. Dans la chambrée glaciale, les néons s’allumèrent d’un coup.
Chaque matin commençait ainsi, un moyen de leur rappeler qu’ils n’étaient plus rien d’autre que des conscrits. Quinze jours qu’ils avaient commencé leur service militaire. Un service qui durerait deux ans. Deux années de discipline, de privations, d’exercices jusqu’à l’épuisement. Deux années sous la férule de sergents qui ne connaissaient ni pitié ni repos.
Sauf Charles. Lui, ne sortirait pas au bout de deux ans. Il en avait pour quatre. Le double de ses camarades, punition pour avoir tenté d’échapper au service. Quatre ans pour lui rappeler que fuir était impossible. Chaque matin, cette échéance écrasante revenait.
Mais ce matin-là, il y avait une chaleur dans le froid de la chambrée.
La veille, ils s’étaient dressés. Douze garçons, fragiles, tremblants, mais unis. Ils avaient tenu tête à Moreau. Ensemble.
C’était une victoire infime, invisible aux yeux du monde, mais pour eux, immense. Elle brûlait encore en Charles comme une flamme neuve.
Il ouvrit les yeux. Ses jambes lui faisaient mal, ses bras étaient lourds, sa gorge sèche. Mais il se sentait différent. Plus fort. Plus libre.
À côté de lui, Pierre grelottait. Le garçon était fiévreux, le front couvert de sueur, mais il se redressa malgré tout. Marc, lui, posa un pied au sol en grimaçant : son genou le faisait souffrir. Deux mains se tendirent aussitôt pour l’aider.
Ici, personne n’avait le droit de tomber derrière. Ils l’avaient appris à la dure : celui qui lâchait était broyé. Alors ils se soutiendraient jusqu’au bout.
La brutalité du camp ne laissait aucun répit. Les sergents étaient partout, comme des chiens dressés à flairer la faiblesse. Moreau, l’un des plus féroces, semblait se nourrir de leurs cris et de leurs larmes. Et au-dessus d’eux, invisible mais omniprésent, il y avait Kor, le commandant. Un homme de pierre, persuadé qu’il forgeait des soldats comme on brise du métal. Pour lui, la souffrance n’était pas une erreur, mais une méthode. Les morts faisaient partie de l’ordre des choses. Seuls les civils et les faibles ne le comprenaient pas.
La voix de Moreau rugit dans le couloir :
— DEBOUT !
Chacun serra les dents. Ils enfilèrent un short et des baskets,
mais pas de t-shirt. Le footing du matin se faisait toujours torse nu, quelque que soit le temps, quelque soit la température. Ils sortirent du bâtiment et se rangèrent devant leur sergent. Le froid leur mordait la peau, leurs corps grelottants semblaient prêts à se briser. Et pourtant, dans leurs yeux brillait une fierté nouvelle.
Quentin Wedlin est l’auteur de Service militaire obligatoire, une série de romans intenses où se mêlent discipline, humiliation et désir. Fasciné par les thèmes de l’autorité, de la virilité et de la frontière trouble entre camaraderie et attirance, il explore dans son écriture les tensions...