Adam lutte contre ses pulsions compulsives, hanté par visions et traumas. Il tente des lectures spirituelles, des échanges avec Jean de la Mahomerie de Valence, des retraites, mais la bête intérieure gagne, menant à son isolement, l’alcool, puis une mort rédemptrice.
Il éteignit le téléviseur, résigné à la perspective d’une série de longues journées de pénitence. Elles s’écouleraient dans l’affliction et le regret, il n’en doutait pas.
Il ne se repentirait pas seulement d’une conduite fâcheuse : il se repentirait d’une inconduite fâcheuse phénoménale et inaccoutumée qu’il se ferait, comme il s’y est efforcé de nombreuses fois, un devoir d’assumer sans céder à quelque ressentiment que ce soit. Il l’assumerait quand beaucoup n’en ferait que peu de cas !
La fatalité où il sombrait lui était difficile à relativiser : dure et pesante, douloureuse et poignante.
Voilà ce qui pouvait être une laideur de malfaisance !
Toutes les incidences, dont ces actes étaient la source, affectaient son âme en profondeur. Ces actes induisaient des traumas qui ne le laissaient que rarement indemne dans son bon sens et sa raison.
Des larves germant dans la chair purulente d’un corps vicié corrompu par quelque incurable maladie, un homme-bête reniflant tel ces animaux domestiques quand ils sont épris des plus vives impulsions : c’est ce dont on pouvait qualifier une calamité de cette envergure.
L’esprit ne concevait pas cela sans manifester le plus angoissant affolement, un choc profond, une incompréhension révoltante.
Quand l’acte prenait fin, c’était encore une suite de dégoûts et de ressentiments – comme on en éprouve dans les situations de l’extrême – qui allait occuper, pendant des semaines entières, une psyché sur le point de fléchir.
En l’occurrence, l’extrême était des plus surréalistes, un summum de noirceur qui rendait inapte au discernement, à l’acceptation, à la compréhension.
La mise à mort, expiatrice d’actes d’infamie, ne le payerait pas à la hauteur de sa gravité.
Adam ne pouvait lui laisser plus de place, plus de liberté, l’autoriser à saccager un bonheur, ce qui le faisait homme.