Les 14 voix d’Afrique pour Edgar Morin

Bepuba Academy

📄 40 pages A4 🗓️ Publié le 17 juillet 2026
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Thème : Poésie

La quatrième de couverture

Quand Edgar Morin s’éteint, un silence traverse le monde. Mais à ce silence, l’Afrique répond.

Les 14 voix d’Afrique pour Edgar Morin est une anthologie poétique unique : 14 poètes venus de 7 pays d’Afrique francophone RDC, Gabon, Sénégal, Togo, Cameroun, Bénin, Guinée Conakry prennent la plume pour dire merci à celui qui a passé sa vie à penser l’humain, relier les savoirs et défendre la complexité du vivant.

Ni essai, ni biographie. Ce livre est une lettre collective. Une lettre d’amour, de gratitude et de promesse.
Chaque poète, avec son accent, sa mémoire et son espérance, rend hommage à une facette du maître : son courage de douter, sa pensée complexe, sa tendresse pour l’humain, sa rébellion contre les idées toutes faites, son art de transmettre.

De Kinshasa à Dakar, de Libreville à Cotonou, ces 14 voix tissent un pont entre l’Afrique et la France. Elles montrent que la pensée de Morin n’appartient à aucun continent : elle appartient à tous ceux qui choisissent de comprendre avant de juger, de relier avant de diviser, d’aimer malgré tout.

Un livre grave et lumineux. Pour pleurer un maître. Pour continuer son œuvre.
Pour rappeler qu’un homme ne meurt vraiment que quand on oublie ses questions.

Edgar Morin nous a laissé 3 mots : Relier. Comprendre. Aimer.
Ces 14 voix les font résonner.

Projet initié et organisé par Beni Eputiene, CEO de Bepuba Academy.

La première page

Il faut parfois qu’un homme parte pour que des voix se lèvent.
Il faut parfois qu’un silence s’installe pour que des mots, longtemps retenus, trouvent enfin le chemin de la page.
C’est ce qui s’est passé quand Edgar Morin nous a quittés. Edgar Morin. Le nom claque comme une évidence. Français, penseur, poète, résistant, centenaire. Un homme qui a refusé toute sa vie les frontières faciles. Frontières entre les disciplines, entre les générations, entre les continents. Lui qui a pensé la complexité n’a jamais simplifié l’humain. Lui qui a traversé le XXe siècle n’a jamais trahi l’espérance du XXIe.
Mais alors, pourquoi l’Afrique ?
Pourquoi des poètes de Kinshasa, de Dakar, de Lomé, de Libreville, de Cotonou, de Yaoundé, de Conakry se sont-ils sentis concernés par la disparition d’un intellectuel français né en 1921 ?
La réponse tient en un mot que Morin aimait répéter : reliance. Reliance. Pas dépendance. Reliance. L’idée que tout est tissé. Que le sort du berger au Sahel est lié à la pensée du philosophe à Paris. Que la sagesse du village sous le manguier éclaire la théorie du laboratoire. Que la mort d’un maître en France crée un devoir de mémoire au Congo.
Morin n’a jamais écrit pour les Français. Il a écrit pour l’espèce humaine. Et l’Afrique, mieux que quiconque, sait ce que ça veut dire : vivre dans la complexité sans avoir lu un seul de ses livres. Chez nous, on ne sépare pas le corps de l’âme, ni la pluie de la saison, ni l’ancêtre du vivant. Morin a mis des concepts sur ce que nos pères pratiquaient déjà.
C’est donc un rendez-vous qui s’est joué ici. Un rendez-vous entre une pensée venue d’Europe et une âme venue d’Afrique. Et à ce rendez-vous, l’Afrique n’est pas venue les mains vides. Elle est venue avec sa plus belle arme : la poésie.
Tu tiens entre tes mains : Les 14 voix d’Afrique pour Edgar Morin.
Quatorze. Pas un de plus, pas un de moins. Quatorze comme les mots qu’il faut parfois pour dire l’indicible. Quatorze comme les battements d’un cœur qui refuse d’oublier. Quatorze voix venues de sept pays, de sept climats, de sept blessures et de sept espoirs.
Pourquoi voix et pas poètes ?

Le plus de Bepuba Academy

Il y a des silences qui pèsent plus lourd que tous les discours du monde.
Le jour où Edgar Morin s’est tu pour toujours, ce n’est pas le bruit d’une disparition qui a traversé la planète. C’est un silence dense, grave, comme celui qui tombe dans une salle de classe quand le maître pose la craie et regarde ses élèves une dernière fois. Un silence qui dit : À vous maintenant.
Je n’ai jamais rencontré Edgar Morin. Je n’ai pas serré sa main. Je n’ai pas bu de café avec lui. Et pourtant, comme des milliers d’Africains, je le connaissais. Je le connaissais parce qu’il avait passé sa vie à parler à ceux qu’il ne connaissait pas. Il écrivait pour l’humanité, pas pour son époque. Il pensait pour ceux qui viendraient après, pas pour ceux qui l’applaudiraient sur l’instant. Et c’est pour ça que sa voix est arrivée jusqu’à nous, ici. Jusqu’à Kinshasa, jusqu’à Dakar, jusqu’à Cotonou, jusqu’à Conakry. Sans passeport. Sans visa. Juste avec la force des idées justes.
On dit souvent que la pensée est une affaire d’Europe. Que la philosophie vit dans les grandes universités, que la poésie meurt dans nos rues. Edgar Morin a démenti ça tous les jours. Lui, le Français, le savant, a passé des décennies à répéter une chose simple et révolutionnaire : rien n’est séparé. La science ne vit pas sans la poésie. L’histoire ne se comprend pas sans

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l’âme. L’humain ne se réduit pas à des chiffres. Il appelait ça la pensée complexe. Nous, on l’appelle autrement. Chez nous, on dit qu’un seul doigt ne peut pas laver le visage. On dit que l’arbre tient grâce à toutes ses racines. On dit que l’homme n’est homme que parmi les hommes. Morin n’a rien inventé. Il a juste donné des mots universels à une sagesse qui dormait déjà sous nos cases, sous nos manguiers, dans la voix de nos grands-mères.
Alors quand il est parti, nous n’avons pas pleuré comme on pleure une star. Nous avons pleuré comme on pleure un maître. Celui qui t’a appris à lire entre les lignes de ta propre vie. Celui qui t’a donné le droit de douter sans avoir honte. Celui qui t’a rappelé que l’intelligence sans cœur, c’est une arme. Et que le cœur sans intelligence, c’est un naufrage.
C’est pour ça que ce livre existe.
Pas pour faire un devoir de mémoire comme on remplit une formalité.
Pas pour publier des vers élégants qui feront bien sur une photo.
Ce livre existe parce que des poètes d’Afrique francophone ont senti qu’ils devaient répondre. Répondre à un homme qui leur avait tout donné sans rien demander. Répondre avec la seule monnaie qu’ils possèdent : des mots.
Quatorze plumes. Quatorze paysages. Quatorze façons de dire merci.
Prince Kabange Yenda, depuis Kinshasa, a marché dans les pas de Morin. Il n’a pas écrit sur le penseur. Il a écrit comme le penseur. En avançant, en cherchant, en acceptant de ne pas

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tout comprendre tout de suite.
Prince Ondo Mengue, depuis Libreville, a fait parler la forêt du Gabon. Il a vu dans Morin un iroko : immense, enraciné, qui donne de l’ombre à tous sans demander ta tribu, ta langue, ta religion.
Fabrice Lukwata a allumé une lampe. Il a célébré le courage le plus discret de Morin : le courage de dire je peux me tromper. Dans un monde où tout le monde veut avoir raison, Morin a choisi d’avoir raison avec l’humanité, pas contre elle.
Cheikh Tidiane Touré, avec le rythme du Sénégal, a transformé Morin en griot. Pas un griot qui garde la mémoire d’un village, mais un griot qui garde la mémoire du monde. Celui qui raconte pour que les générations ne s’endorment pas.
Winner Modeste Aziato, du Togo, est revenu au plus simple : Morin était un homme. Avant les titres, avant les livres, avant les honneurs, il y avait un cœur qui battait. Et ce cœur a aimé. Adamou Balkissa Mohamadou, du Cameroun, a écrit avec la douceur des mères. Elle a vu en Morin celui qui nous apprend à être doux avec nous-mêmes. Parce que penser le monde, c’est bien. Mais se traiter avec tendresse, c’est mieux.
Yélian Ariel-Aurel Tchougbe, du Bénin, a construit. Pierre après pierre, vers après vers. Il a bâti à Morin un monument qui ne s’écroulera pas, parce qu’il est fait de sens, pas de marbre. Mohamed Adama Kaba, de Guinée Conakry, a osé le dialogue impossible. Il a posé à Morin la question que nous posons tous : Maître, que ferais-tu de notre monde d’aujourd’hui ? Et dans ses vers, Morin répond. Sans juger. En nous renvoyant à nous-mêmes.

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Janvier Kisimba n’a pas fui les larmes. Il les a écrites. Il a dit la tristesse. Puis il l’a changée en serment. Parce que pleurer un maître, c’est promettre de continuer son œuvre.
Big son Ilunga Wa Bamuela a célébré le Morin rebelle. Celui qui a dérangé. Celui qui a refusé les cases. Son poème est un tonnerre pour tous les esprits libres qui en ont assez de penser comme tout le monde.
Dominique Kapyamba Sankisha a zoomé. Elle a regardé les petits gestes. Écrire chaque matin. Lire encore une page. Aimer malgré la fatigue. Elle a montré que le génie, c’est souvent de la constance déguisée en miracle.
Vanessa Tchougnia a apporté la voix des femmes. Elle a remercié Morin d’avoir pensé le monde sans oublier la moitié de l’humanité. Son poème dit : merci d’avoir vu la complexité du féminin comme une richesse, pas comme un problème.
Emmanuel Kabeya Kashila est entré dans la tête de Morin. Il a parlé de complexité, de reliance, d’incertitude. Et il a réussi le tour de force de le dire en vers simples. Pour que la tête comprenne et que le cœur suive.
Et Evodie Ilunga Kanjinga ferme le cercle. Elle ne termine pas sur la mort. Elle ouvre sur l’aube. Pour elle, Morin ne s’est pas éteint. Il s’est transformé. En étoile. Et tant que nous lirons, tant que nous penserons, tant que nous relierons, il brillera.
Quatorze poèmes. Quatorze réponses. Mais une seule question au fond : qu’est-ce qu’on fait de l’héritage ?
Edgar Morin nous laisse trois mots d’ordre. Trois mots qui tiennent en une vie.
Relier. Comprendre. Aimer.

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Relier les savoirs. Arrêter de découper le monde en morceaux qui ne se parlent plus. Le scientifique qui ignore le poète. Le croyant qui méprise l’athée. Le jeune qui oublie l’ancien. Morin disait : tout est tissé ensemble. Ce livre en est la preuve. La RDC parle au Gabon. Le Sénégal répond au Bénin. Le Cameroun dialogue avec la Guinée. L’Afrique se relie pour parler d’un Français. Voilà la pensée complexe en action.
Comprendre l’autre. Pas l’excuser. Pas l’approuver. Le comprendre. Morin a passé sa vie à refuser la pensée mutilante, celle qui réduit l’adversaire à un monstre. Il nous a appris à tenir ensemble deux idées contraires sans devenir fou. À dire : je peux être en désaccord et rester humain. Ce livre est rempli de cette intelligence-là. Aucun poème n’insulte. Aucun vers ne divise. Tous cherchent à comprendre l’homme Edgar Morin.
Aimer. Oui, aimer. Mot qu’on trouve peu dans les livres de science. Morin l’a remis au centre. Aimer l’humain avec ses erreurs. Aimer la vie malgré la mort. Aimer la Terre malgré ses blessures. Aimer, même quand c’est difficile. Surtout quand c’est difficile. Les poèmes que tu vas lire ne sont pas des discours glacés. Ce sont des lettres d’amour. Maladroites parfois. Brûlantes souvent. Mais toujours sincères.
Alors cher lecteur, je ne vais pas te souhaiter bonne lecture. Je vais te souhaiter bonne transformation.
Parce qu’un livre sur Edgar Morin ne doit pas finir sur une étagère. Il doit finir dans ta façon de regarder le monde demain matin.
Demain, au travail, relie deux personnes qui ne se parlent plus.

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Demain, devant une info qui t’énerve, comprends avant de juger.
Demain, avec quelqu’un qui ne pense pas comme toi, choisis l’amour avant la dispute.
Si tu fais ça, alors cette préface aura servi.
Si tu fais ça, alors Edgar Morin ne sera pas mort.
Il aura juste changé d’adresse. Il habitera en toi.
Et nous, Africains qui avons pris la plume, nous te disons : Maître, le message est bien arrivé.
Nous l’avons lu. Nous l’avons compris.
Maintenant, nous le transmettons.
Dors en paix.
Nous veillons sur les mots.

BENI EPUTIENE

Biographie de Bepuba Academy

Bepuba Academy, anciennement Académie des Écrivains, est une plateforme littéraire internationale dédiée à la promotion de la littérature sous toutes ses formes. Née le samedi 4 février 2023 à Kinshasa, en République Démocratique du Congo, elle est l’œuvre de Beni Eputiene, écrivain, poète,...

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