Dès qu’Ali Baker reprend l’enquête, il comprend très vite qu’il ne s’agit pas d’affaires isolées. Derrière les silences, les retards et les faux-semblants, quelque chose de plus vaste se met en place.
Avec sa femme Kélia à ses côtés, il s’engage dans une traque où chaque indice semble mener à un autre visage, un autre mensonge, une autre crainte.
Sur l’île de Nipejah, le vérité ne se cache pas seulement dans l’ombre.
Elle prend parfois l’apparence de l’innocence.
L’aube se levait à peine sur l’île de Nipejah-Sud. Une lumière orange filtrait à travers les volets entrouverts quand Ali Baker ouvrit les yeux.
Pendant quelques secondes, il resta immobile.
La maison dormait encore. Aucun bruit dans le couloir. Aucun téléphone qui vibrait au mauvais moment. À côté de lui, Kélia était tournée vers la fenêtre. Il la regarda sans bouger, comme pour retenir un peu ce calme devenu rare.
Ces derniers mois, ils avaient pris l’habitude de vivre trop vite. Le travail, les enfants, les urgences. Les matins paisibles ne tenaient plus qu’à peu de chose.
Kélia remua, ouvrit les yeux et le fixa aussitôt.
— Tu réfléchis déjà ? — Peut-être.
Elle se redressa avec un demi-sourire.