Il fait nuit noire dans le bois froid et humide en cette fin novembre. Alix se fraie un chemin à travers les ronces "il ne faut pas qu’il me retrouve, surtout pas". Elle sent encore la main de Louis lui tirer les cheveux, cogner sa tête contre le mur, elle entend ses hurlements obscènes. Dans la maison désertée, Louis fulmine : "Je vais tout casser, la buter" Mais il se ressaisi. Alix va tout dévoiler à sa famille, il doit trouver un moyen pour l’empêcher de ruiner sa réputation. Dès le lendemain ,il va se rendre chez...
"La violence perverse est un pur concentré de violence" Marie-France Hirigoyen
L’aube est légère, cristalline.
Un mince ourlet doré annonce l’éclat du jour à venir.
Venant de l’horizon, un bel et grand oiseau blanc fend tranquillement le ciel, majestueux, superbe.
Quel honneur ! Quel bonheur ! Il se dirige vers moi.
Se lève un soleil rouge sang. Le ciel s’empourpre.
L’oiseau majestueux pénètre dans notre chambre.
Ses ailes puissantes se heurtent aux murs, aux meubles ; il disparait vers l’escalier.
Le soir est tombé ; un néon blafard baigne le tableau.
Louis, mon mari, a saisi l’oiseau et le pose au sol :
« Il est blessé, dit-il, il faut l’achever. »
Mon bel oiseau est pitoyable, prisonnier dans les mailles du grand châle qui réchauffait mes bébés. Il baisse la tête, immobile, résigné.
Horrifiée, je réponds : « Mais, il n’est pas blessé, il est empêtré dans ce châle ! »
Ma voix ne semble pas atteindre Louis ; il sort son couteau.
Des gouttes de sang perlent sur le plumage immaculé.
Je hurle : « Non, Non, Non ! »
Tremblante, en sueurs …je me réveille en sursaut.
Il fait nuit noire dans le bois froid et humide, en cette fin novembre.
Alix se fraie un chemin à travers les ronces. « Il ne faut pas qu’il me retrouve, surtout pas. »
Elle sent encore la main de Louis lui tirer les cheveux, cogner sa tête contre le mur, elle entend ses hurlements obscènes.
Dans la maison désertée, Louis fulmine : « Je vais tout casser, la butter ».
Mais il se ressaisi. Alix va tout dévoiler à la famille ; il doit réfléchir, trouver un moyen de l’empêcher de ruiner sa réputation.
Dès le lendemain, il va se rendre chez…
« La violence perverse est un pur concentré de violence » Marie-France Hirigoyen
Ce témoignage est un plaidoyer pour que soit démasquée, reconnue et sanctionnée la violence morale perverse au sein du couple, de la famille.
Que justice soit pleinement rendue à ceux et celles qui en sont victimes, détruits moralement, mentalement et physiquement.
Illustration : Hélène Blanchart